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Au premier semestre 2022, la perte d’emploi des entrepreneurs est nettement en hausse

En France, quelque 18 000 entrepreneurs sont devenus chômeurs sur les six premiers mois de 2022. Comparativement au même laps de temps de l’an écoulé, ce volume traduit une hausse significative. Le phénomène a surtout été noté dans les entreprises de petite taille et dans le secteur lié à l’hébergement, entre autres.

Le cabinet Altares et l’assureur GSC ont publié le 29 août dernier une enquête autour de l’emploi. Le nombre de patrons d’entreprise à perdre le leur a progressé de 28,9 % sur un an entre janvier-juin 2022. L’étude détaillée monte à 18 519 sur cette période.

Les Hauts-de-France ont connu la plus vive détérioration de la situation

La situation a été observée partout en France. C’est la Corse qui a affiché le moins de pertes d’emploi en chiffres bruts : 71 (-1,4 %). Cette région constitue la seule à avoir enregistré un repli sur les six premiers mois de l’année, comparé à 2021. Le plus net volume a, quant à lui, été constaté en Île-de-France, avec 3 697 chefs d’entreprise concernés (+10,2 %). Ces évolutions sont cependant nettement plus faibles que la moyenne nationale, qui s’établit à 28,9 %. Le nombre de patrons au chômage a progressé de plus de 30 % dans cinq régions :

●        L’Occitanie : +31,1 % (1 442 unités) ;

●        La Normandie : +34,2 % (600) ;

●        La Bretagne : +34,1 % (598) ;

●        La Bourgogne-Franche-Comté : +43,5 % (581) ;

●        Les Hauts-de-France : +63,4 % (1 420).

L’accentuation des pertes d’emploi des dirigeants d’entreprise suit de près l’amplification des défaillances de leur firme. Celles-ci ont commencé à s’intensifier depuis janvier dernier après avoir régressé de moitié durant les deux précédentes années. Une conséquence des dispositifs de protection de trésorerie que les entreprises ont instaurés pendant la pandémie de coronavirus. Le président de GSC, Anthony Streicher, a averti :

La crise n’est pas derrière nous, elle est devant nous.

Le volume annuel de 50 000 à 60 000 patrons devenus chômeurs avant la crise sanitaire pourrait être dépassé, prévient-il.

Le phénomène a impacté différemment les branches d’activité

Le phénomène a principalement affecté les petites structures. 88 % des dirigeants d’entreprise ayant perdu leur emploi gèrent de très petites entreprises (TPE). Ces dernières réalisaient un chiffre d’affaires inférieur à 500 000 euros. De plus, 75 % des pertes d’emploi ont été relevées chez les patrons de structures employant moins de trois personnes. À préciser que le rapport de GSC et Altares exclut les micro-entreprises.

L’amoindrissement des pertes d’emploi se poursuit à l’inverse chez les dirigeants d’entreprises comptant plus de 20 collaborateurs. Il a été évalué à 16,3 % pour les structures de 50 salariés ou plus. Ce taux descend à 13 % pour celles recensant entre 20 et 49 salariés.

Concernant les domaines d’activité impactés, la plus faible hausse des pertes d’emploi a été remarquée dans l’agriculture. La filière a connu une évolution de seulement 2,7 % au premier semestre 2022, par rapport à 2021. C’est en revanche dans les débits de boisson, la restauration et l’hébergement que la situation s’est le plus dégradée. Le nombre d’entrepreneurs affectés y a augmenté de 60,8 % pour atteindre 2 092.

Pour pallier ce phénomène, ces entrepreneurs peuvent se lancer dans le portage salarial chez des établissements comme l’expliquent les dirigeants d’ITG. Avec ce dispositif, ils n’auront pas besoin de créer une structure juridique (EURL, SA…). Ce qui permet de débuter une activité le plus rapidement sans risque. Ce mécanisme confère de surcroît le filet de sécurité du salarié (congés payés, assurance chômage, cotisations retraite, etc.).

(Crédit photo : iStock)

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