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Assurance-vie

Certains avantages fiscaux des contrats d’assurance-vie « à bonus de fidélité » restreints par le fisc.

Par Delphine Gourbeyre, le 05/06/2008

Rép.min. n° 7706, JOAN du 22 janvier 2008

Catégorie particulière de contrats d'assurance-vie, les contrats à bonus de fidélité reposent sur un principe simple : les intérêts générés par l'épargne versée par le souscripteur ne sont pas immédiatement acquis mais affectés par « l'assureur » à une réserve spéciale de « fidélité ». Ce bonus de fidélité ne sera alors acquis au bénéficiaire du contrat qu'au-delà d'une période prédéterminée et ne peut être racheté avant cette période. Au départ créé pour fidéliser et donc récompenser la persévérance des souscripteurs, ce mécanisme présente avant tout des avantages fiscaux que l'administration fiscale vient en partie de restreindre.

Jusqu'à présent, selon une pratique bien établie, lorsque l'ensemble des intérêts réalisés sur un contrat étaient affectés au bonus de fidélité, les rachats partiels réalisés pendant la période de fidélisation du contrat, ne portant alors que sur la partie capital du contrat, étaient exonérés d'impôt sur le revenu.
Rappel lors d'un rachat partiel sur un contrat d'assurance-vie, seule la partie correspondante aux intérêts ou aux plus-values supporte l'impôt sur le revenu.
Des rachats partiels imposés
Mauvaise nouvelle ! À l'occasion d'une réponse ministérielle, le fisc considère qu'en cas de rachat partiel réalisé, depuis le 22 janvier 2008, sur un contrat d'assurance-vie à garantie de fidélité, avant la fin de sa période d'indisponibilité, les produits afférents à cette garantie doivent, sous réserve qu'ils ne soient pas définitivement perdus, être soumis à l'impôt sur le revenu et ce, même si le rachat ne peut être prélevé sur cette garantie de fidélité.
Exemple soit un contrat dont la valeur est égale à 110 000 euros à la date du rachat partiel, dont 10 000 euros de gain généré par les actifs financiers à la date du rachat partiel et transféré sur le bonus de fidélité. Le détenteur du contrat souhaite réaliser un rachat d'un montant égal à 20 000 euros. Avant le 22 janvier 2008, ce rachat n'aurait pas été taxé ; depuis cette date, l'administration considère que ce rachat est imposable et la base taxable est égale à 20 000 x 10 000 / 110 000 = 1 818 euros.
Une exonération d’ISF confirmée
Le contribuable ne perd cependant pas sur tous les fronts. En effet, à l'occasion de cette même réponse ministérielle, l'administration confirme toutefois que pendant la phase d'indisponibilité, la garantie de fidélité échappe à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), puisque seule la valeur rachetable d'un contrat est imposable à l'ISF. Les contribuables ne déclarent que la valeur nominale du contrat, c'est-à-dire les sommes versées sur le contrat à l'exclusion des frais.
Illustration un contribuable possède un contrat d'assurance-vie d'une valeur de 100 000 euros hors intérêts et plus-values. Au 1er janvier 2008, la valeur globale de son contrat est estimée à 127 000 euros. Les 27 000 euros de gain sont affectés au bonus de fidélité. La valeur du contrat à déclarer au titre de l'ISF est alors égale à 100 000 euros.

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News 21/11/08