Délais très courts, tâches de plus en plus complexes, qualité irréprochable imposée..., pour atteindre toutes ces exigences, il n'y a pas 36 solutions : il faut dé-lé-guer.
À moins d'aimer être débordé, chacun a intérêt à déléguer : pour gagner du temps et pouvoir se concentrer sur des tâches essentielles de direction ou sur des projets à long terme, réduire le stress, alléger son agenda, renforcer la motivation de son équipe, améliorer le résultat de son entreprise... Toutefois, dans la pratique, on se rend compte qu'il n'est pas toujours évident de confier une tâche à un collaborateur : " Les freins à la délégation sont nombreux. Certains sont purement techniques, d'autres tiennent davantage à la personnalité de celui qui doit déléguer ", explique Jean-Pierre Testa, consultant à la Cegos.
Un problème de confianceEn effet, la délégation pose clairement le problème de la confiance envers les autres, ce qui n'est pas toujours évident, encore moins pour celui qui a un ego surdimensionné. " Avant de déléguer, il faut se poser deux questions. Premièrement : si je délègue et que mon collaborateur échoue, que risque-t-il de se passer ? Deuxièmement : suis-je prêt à assumer un échec ? " Si la réponse est négative à la deuxième question, attention car le stress sera alors peut-être plus important que celui occasionné par une surcharge de travail !
Bien choisir son délégatairePour que la délégation soit un succès, le " casting " de son délégataire doit être mené avec minutie et professionnalisme. " Les compétences sont importantes, mais il ne faut pas négliger les motivations de ses collaborateurs, quitte à mettre en place une formation pour développer les compétences de ceux qui montrent une plus grande motivation que d'autres ", signale Didier Noyé, auteur du livre Déléguer et responsabiliser, et consultant pour Insep Consulting. Évaluer les individus suppose de mettre en place une grille de comparaisons avec les attributs positifs et négatifs de chacun des délégataires potentiels, en rapport avec les exigences de la tâche à déléguer. L'esprit d'initiative reste l'une des qualités essentielles à privilégier. " Et, pour qu'une délégation se passe bien, il est impératif de mesurer le degré d'autonomie du collaborateur ", affirme Jean-Pierre Testa. Pour Didier Noyé, l'autonomie, " c'est la capacité à construire soi-même ses propres solutions tout en restant relié aux autres, en sachant quand se faire aider et par qui ". Dans certains cas, le titulaire de la délégation s'impose de lui-même, lorsque, par exemple, un collaborateur soumet une idée à son supérieur. Il paraît alors évident que la conduite de ce nouveau projet devra être menée par celui qui en a eu l'idée, sous peine de voir des frustrations surgir, tant de la part de celui qui propose que de la part de celui qui hérite du projet sans avoir rien demandé. Le but ultime étant de fédérer le groupe autour du délégataire pour qu'il mène à bien son projet.
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