Mondialisation, globalisation, délocalisation... : des rimes qui s'enchaînent dans l'actualité politique et économique française. Des défis que les PME peuvent relever avec succès.
Derrière le terme de mondialisation se cache un monde où les informations circulent plus vite, les produits s'exportent... Mais ces économies plus ouvertes sont par là même plus sensibles : le coût de la main-d'oeuvre, les contraintes plus ou moins fortes en terme de droit du travail font que certaines activités peuvent apparaître menacées.
Accéder à de nouveaux marchés
Pourtant, la mondialisation est aussi une chance pour les activités qui ne peuvent plus croître au sein d'un marché intérieur atone ou saturé. Elle peut permettre aux PME non seulement d'accéder à de nouveaux marchés, de lisser les risques mais aussi de devenir plus performantes en interne. « La mondialisation bien comprise et bien gérée, la multiculturalité, peut être un levier de performances, explique Evalde Mutabazi, expert international en management interculturel, expert pour l'APM - l'Association progrès du management - et professeur à l'EM Lyon. Prendre le meilleur de chaque culture permet d'être plus innovant, de mettre en place des synergies et d'obtenir les avantages concurrentiels. Par exemple, savoir allier la vision à court terme et le pragmatisme des USA à la rationalité et la créativité de la France est très porteur à différentes phases du développement d'un projet voire d'une entreprise dans sa globalité. »
La première moitié du 20e siècle a vu l'émergence de multinationales. Par le jeu des rachats, et munies d'une puissance financière importante, ces world companies ont joué à fond le jeu de la globalisation. Mais le futur apparaît sous un jour différent. C'est l'heure où les PME/PMI ont elles aussi des cartes à jouer : « Les PME sont plus légères et adaptées à la mise en oeuvre des pratiques interculturelles du management, car leur taille est plus propice à la rencontre et l'échange direct, la connaissance mutuelle et la complémentarité entre acteurs de cultures différentes », souligne Evalde Mutabazi. À condition toutefois d'être capable d'une profonde remise en question de son fonctionnement, de son offre et de son marché.
Pour les PME, l'internationalisation passera avant tout par la mise en place d'une offre très pointue permettant de cibler un marché de niche. Une stratégie adoptée par la société Arche, fabricant de chaussures de Touraine : contrairement à ses concurrents mis à mal par la Chine, cette PME a su viser le haut de gamme, mettre en avant un savoir-faire à la fois traditionnel et innovant. Elle exporte aujourd'hui dans plus de 30 pays.
Pour réussir le pari de l'internationalisation, une bonne préparation est donc nécessaire. « La mondialisation implique d'être confronté à de multiples différences, souligne Evalde Mutabazi. Différences culturelles sur la vision du monde ou la définition de la valeur travail, mais aussi différences de modes de management. Si les chefs d'entreprise ne prennent pas en compte ces différences, c'est, tôt ou tard, l'échec assuré. » Comment, dès lors, passer au-delà de ces différences ? « L'entreprise doit penser global tout en étant capable d'agir local, poursuit Evalde Mutabazi. Coca-Cola, c'est une même marque, un même contenant mais des goûts et des messages publicitaires différents selon les régions cibles. Pour réussir, le manager gagne à s'appuyer sur des équipes multiculturelles. Réussir à l'international demande aussi une fine définition de sa stratégie, une identification précise des partenaires locaux incontournables (élus, fournisseurs, concurrents potentiels...) et enfin un accompagnement rigoureux. Le meilleur des cadres peut échouer s'il n'est pas préparé à la prise en compte des cultures locales. Dans ces conditions, l'entreprise devra s'adapter tout en sachant garder son identité propre. »
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