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Étude mondiale de management : la France à la traîne ?

Une étude mondiale fait le point sur les conséquences de la crise sur le management. Et la France apparaît à la traîne.  

Par Valérie Talmon, le 21/10/2009

La crise, un vecteur de changement ? C’est en tout cas l’objet d’une vaste étude menée par The Economist Intelligence Unit (réseau d’analystes économiques) auprès de 561 décideurs européens et américains.  

Pour savoir si la crise a engendré de nouvelles stratégies, l’étude se penche tout d’abord sur les mesures prises par les entreprises. 60 % des entreprises ont maintenu, voire accéléré, leurs programmes de changement. 66 % des dirigeants déclarent profiter de cette période de crise pour engager des programmes de changement difficiles.

Les 3 principaux programmes menés au cours de la crise sont la réduction des dépenses (65 %), le licenciement (54 %), et la réorganisation (40 %). 58 % des personnes interrogées avouent avoir mis l’accent sur le très court terme. Pour 59 % des personnes interrogées, la crise a permis de révéler des insuffisances en interne.

Le roi cash est-il de retour ? C’est un des enseignements tirés de l’étude. En effet, pour 66 % des personnes interrogées, la réduction des coûts est la principale motivation des programmes lancés ces 12 derniers mois. Tout se qui peut générer du cash rapidement est devenu prioritaire. La profitabilité et les gains générés sont les 2 premiers critères de mesure de succès d’un programme de changement. Conséquence immédiate : le changement de comportement et la satisfaction des employés ou des clients ne sont pas prioritaires.

La France, un cas à part ? Les dirigeants français semblent en effet se distinguer de leurs homologues sur plusieurs points.  

Avec 40 % de réponses, les dirigeants français ont plus suspendu ou réduit leurs programmes en cours à cause de la crise que le reste du monde (33 %). Quand on demande aux dirigeants si la crise peut révéler des axes d’améliorations internes, la France est la seule à ne pas atteindre les 50 % de réponses affirmatives. Si le panel français reconnaît, comme les autres, avoir profité de la crise pour engager un programme qu’il aurait eu plus de mal à mener en temps normal… l’écart est tout même de 10 points entre la France (56 %) et le reste du monde. Comme pour tous les autres pays, la France évoque « la baisse des coûts et la flexibilité » comme premières motivations. 

Le fait marquant : la France est le seul pays où les dirigeants ne sont pas en mesure de se prononcer avec précision sur les stratégies adoptées ! Un tiers ne savent pas ce qui a été fait et plus de 40 % ce qui sera fait !  Avec un taux de réussite de seulement 23 %, la France est bonne dernière. Les causes d'échec ? Le manque de structure, d’engagement du management, la mauvaise communication et une résistance au changement. À la question des objectifs attendus de ces nouveaux mode de management, le panel français met en avant, comme ses homologues européens et américains, des critères financiers : le profit et les gains générés. À noter, seule la France place « la satisfaction client » dans le Top 3. En clair, les managers français semblent certes moins réactifs que les autres, moins à même de prévoir des stratégies à long terme, mais plus soucieux de leurs clients. Pas si mal !  

Pour aller plus loin : consultez notre dossier "Quel management pour demain ?"

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News 16/03/10