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Diversité culturelle et cohésion des équipes

Dans l'entreprise, la mondialisation se traduit par la présence de salariés d'horizon et de culture totalement différents. Quand un Allemand, un Brésilien ou un Chinois se côtoient, la cohésion de l'équipe peut s'avérer délicate !

Par Florence Jarry, le 16/07/2007

Il y a quelques années, j'ai assisté à une réunion de responsables de filiales d'une grande entreprise, raconte Olivier Meier, professeur à Paris-Dauphine et Paris-XII. Le responsable italien voulait motiver son équipe commerciale en instaurant une prime. Son collègue néerlandais récusa cette proposition en la taxant de démagogique. Vexé, l'Italien quitta la salle, se sentant personnellement insulté par ces propos. Pourtant, le Néerlandais émettait simplement son avis professionnel et, en aucun cas, il n'avait voulu porter atteinte à l'ego de son collègue. La culture latine ne fait pas de clivage entre vie professionnelle et vie privée. Un cas classique de clash lié à une incompréhension culturelle. " Cet exemple montre bien les difficultés pour des collaborateurs de culture différente à travailler ensemble.

Un challenge au quotidien pour le manager qui devra souder ses équipes, au risque " d'assister rapidement à une radicalisation des dysfonctionnements et une amplification des conflits, prévient Jean-Jacques Pirez, consultant et formateur chez Demos. Statistiquement, le turnover est plus important dans les équipes multiculturelles que dans les groupes de culture hétérogène car les risques de frictions et de mal-être des collaborateurs sont plus fréquents. "

Au contraire, menées avec intelligence et compréhension, ces équipes sont un enrichissement formidable pour l'entreprise, et notamment un avantage concurrentiel primordial. Dans son livre Manager une équipe multiculturelle, Joseph Aoun y voit un moyen de " mieux saisir les enjeux universels pour mieux s'adapter " et " un atout supplémentaire sur le plan relationnel ", en assurant des relations privilégiées avec des clients et partenaires d'origine diverse.
Apprendre sur chaque culture
Pour commencer, " il y a des choses que l'on doit apprendre sur chaque culture pour éviter les incompréhensions culturelles ", prévient Claude Desbordes, directeur du cabinet Mastership. Alors que les Asiatiques vont sourire à tout-va en signe d'accueil, le Russe considérera un sourire trop insistant comme un manque de sérieux. Quand, en signe de respect, le Français salue son interlocuteur droit dans les yeux, le Japonais, lui, baisse le regard. Le Japonais pense que son interlocuteur est arrogant, le Français trouve le Japonais trop timide. " On pourrait faire un catalogue des écarts culturels, ironise Claude Desbordes. Il existe d'ailleurs là-dessus toute une littérature que les managers doivent lire et faire lire à leurs collaborateurs ! "

Il existe toutefois quelques grands thèmes de différenciations culturelles à maîtriser. La distance hiérarchique, par exemple. Dans les pays anglo-saxons, en Allemagne, dans les pays scandinaves, il y a moins de niveaux hiérarchiques, mais une grande délégation de pouvoir et une remise en cause possible des décisions de l'autorité, contrairement à la France, la Belgique, ou l'Amérique du Sud. Autre exemple : le Français, le Japonais, le Belge, aime justifier sa position par son diplôme, alors que l'Allemand, l'Anglais, l'Américain, valorisera le parcours professionnel et l'expérience. Encore un exemple : la gestion de l'espace entre les individus. Certains ont besoin de toucher pour communiquer (Latins, Africains, etc.), là où d'autres mettent une distance physique avec leur interlocuteur (Anglo-Saxons).

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News 04/12/08