Par Frédéric Dempuré, le 01/03/2006
Découvrez les dernières technologies miniaturisées de surveillance pour mieux vous prémunir des risques d'espionnage.
Micros "bouton de manchette", caméras "paquet de cigarettes", amplificateurs de son, enregistreurs à déclenchement vocal... Il n'y a pas si longtemps réservées aux espions bien connus de sa Gracieuse Majesté, ces merveilles de technologie sont désormais en vente sur Internet pour quelques dizaines d'euros à peine. Et leur succès doit inciter les entreprises à la vigilance : se prémunir contre l'espionnage industriel ne doit plus être l'apanage des multinationales. Revue de détail des principaux outils d'espionnage à la disposition de concurrents peu scrupuleux.
Gare aux écoutes !
Dans l'art de l'espionnage, écouter sans être vu est un principe fondateur. Aussi, parmi les nombreux "gadgets" qui sont proposés, les micros et autres amplificateurs en tous genres tiennent une place de choix. Le bon vieux micro-espion peut être filaire (connecté à l'aide d'un câble à un amplificateur, un émetteur ou un enregistreur) ou HF (hautes fréquences). Un micro filaire peut facilement être miniaturisé et présenter un diamètre à peine supérieur au fil auquel il est connecté. Côté performances, sachez qu'un modèle vendu une trentaine d'euros permet d'écouter toutes les conversations qui se tiennent dans un rayon de 8 m. Les micros HF sont, eux, associés à un émetteur qui, en fonction des modèles, peut être capté à une distance de 50 à 150 m. Proposés à partir de 50 €, ces modèles présentent l'avantage d'être mobiles et positionnables à des endroits où un système filaire ne pourrait être dissimulé. En revanche, le micro HF, du fait de la présence de l'émetteur, est plus volumineux. Aussi est-il fréquent de trouver ces matériels déjà intégrés dans des prises multiples, des stylos, des calculatrices et bien d'autres objets courants.
Afin d'écouter les conversations, il existe aussi des appareils un peu particuliers, les amplificateurs de son, qui peuvent se marier avec un micro directionnel pour écouter ce qui se dit à l'autre bout de la rue, ou avec une sorte de stéthoscope permettant d'entendre à travers un mur de 60 cm.
Mais les produits les plus recherchés en matière d'écoute sont ceux qui permettent de pirater une ligne téléphonique. Déguisés en multiprise gigogne ou réduits à la taille d'une pièce de monnaie, ces micros, proposés à partir de 40 €, peuvent être filaires ou HF. En contact avec la ligne téléphonique écoutée, ils sont reliés à un système d'écoute (simples écouteurs ou amplificateur radio HF), voire à un enregistreur conçu pour ne fonctionner que lors des appels.
Et les caméras aussi !
S'il est maintenant possible de dissimuler, sans difficultés, un micro-émetteur dans une boîte d'allumettes, il n'est pas beaucoup plus compliqué d'y faire tenir une caméra. En fait, la plupart du temps, la partie optique de l'oeil électronique ne dépasse pas la taille d'une tête d'épingle, et certains équipements, intégrant l'objectif, la batterie et l'émetteur, sont conçus pour se loger dans le plus étroit des paquets de cigarettes.
Côté miniaturisation, les caméras à fil parviennent même sans problème, pour moins de 200 euros, à devenir invisibles, en se grimant en bouchon de stylo, en banale tête de vis cruciforme ou en bouton de chemise.