Tous les week-ends, Georges Sempéré arpente les lieux de compétition. Ses clichés sont ensuite mis en vente sur son site Internet.
C'est pour se remettre le pied à l'étrier que Georges Sempéré s'est lancé dans le reportage sportif. "Je n'avais plus touché un appareil photo depuis au moins dix ans", confie ce dynamique quinquagénaire. En effet, son parcours professionnel mouvementé l'avait éloigné de son premier métier qu'il a pratiqué à Paris, durant dix-sept ans, lorsqu'il était à la tête de quatre studios de prise de vue. "L'investissement qu'a représenté l'arrivée du numérique, combiné à la chute des budgets de publicité, m'a vivement incité à me reconvertir." Tour à tour propriétaire d'un centre de tourisme équestre en Bourgogne, responsable d'une société de production de spectacles à Perpignan, puis créateur d'une comédie musicale équestre à Nîmes, Georges Sempéré décide finalement de se former à l'utilisation des nouveaux appareils photo numériques et il s'installe à son compte à Montpellier.
Comment économiser le coût d'une boutique
"Vu le prix d'un équipement studio complet (environ 150 000 euros) et étant donné que je n'avais droit à aucune aide ou subvention pour me lancer, il fallait que je prenne mes photos en plein air. L'idée des reportages sportifs est venue tout naturellement", se souvient-il. Avec 15 000 euros, il achète un appareil photo numérique, des logiciels de traitement d'images et autres ordinateurs qu'il installe dans son appartement. Et, avec 7 500 euros, il crée son site Internet sur lequel il met en ligne les photos de sportifs qu'il a réalisées : "Un moyen astucieux d'économiser le coût d'une boutique ou d'un salarié !"
Pour se faire connaître, il prend contact avec les fédérations sportives régionales et propose ses services aux organisateurs de compétitions. Rapidement, son agenda se noircit au fil des semaines, et le photographe enchaîne les triathlons, courses cyclistes et autres compétitions hippiques à un rythme soutenu : "C'est un métier fatigant physiquement, prenant nerveusement, et qui peut parfois être dangereux, surtout pour les compétitions de sport automobile. Je repère toujours le parcours avant la course pour trouver le meilleur endroit et faire les clichés des compétiteurs au sommet de l'effort physique." Puis, contre quelques euros, ceux qui passent commande sur le site Internet reçoivent une photo sous forme de fichier numérique ou de tirage. Un souvenir dont les sportifs sont très friands.
"Le filmage (qui consiste à prendre de nombreux clichés d'une manifestation) a de beaux jours devant lui, approuve Éric Delamarre, président de l'Union des photographes créateurs. L'image joue un rôle croissant dans notre société, alors on voit de plus en plus de photographes sur les plages, lors les compétitions sportives ou dans les écoles de ski. C'est souvent un très bon tremplin pour ceux qui ont peu de moyens au début de leur installation. Mais s'il y a de plus en plus de photos demandées, elles sont de moins en moins bien payées !"
Or, Georges Sempéré a fait ses calculs : pour qu'un reportage soit rentable, il faut qu'une journée de prise de vue génère un chiffre d'affaires de 600 euros minimum !
Un objectif qui "est facile à atteindre lorsque l'on couvre des événements sportifs où l'argent est très présent, comme le golf ou l'équitation", mais, pour bien vivre de son art, le photographe estime qu'il faudrait réaliser cinq reportages par week-end. Or, seul, il ne peut en réaliser plus de deux. "Pour rentabiliser mon activité, j'ai proposé à de jeunes photographes de les héberger sur mon site Internet", explique-t-il. En contrepartie, une part sur la vente de leurs clichés lui est reversée. Les publicités sur son site représentent également un complément de revenus. Une façon de rembourser les frais de son installation, et de pouvoir, si tout se passe bien, retourner vers ses premières amours : la photographie artistique.
Revenus
Un photographe de reportage sportif doit vendre beaucoup de clichés pour que son activité soit rentable. Il faut compter entre 2 400 et 4 000 euros de chiffre d'affaires mensuel.
Statut
Plusieurs statuts existent pour les photographes, et le choix est déterminé par le mode de diffusion des photos : artiste auteur, artisan, SARL, entreprise individuelle. Il est conseillé de se laisser guider par les organismes professionnels.
Horaires et lieu
Le rythme de travail est très soutenu : tous les week-ends sont pris et il faut compter 48 heures de travail après chaque reportage pour optimiser les images, mettre en ligne les clichés (jusqu'à 5 000 par compétition). Le reste de la semaine est réservé à la gestion des commandes et au démarchage des prochains rendez-vous sportifs. Il n'y a pas de période creuse dans l'année pour les photographes qui diversifient les types de sports suivis (ski l'hiver, sports nautiques l'été, etc.).
Coût d'installation
Compter 10 000 euros pour un bon appareil photo numérique, 5 000 euros de plus pour un ordinateur fixe et un portable, ainsi que des logiciels de traitement d'images. Et environ 8 000 euros pour un site Internet performant. Sans compter, bien évidemment, le téléphone portable et le véhicule.
Formation
Il est conseillé de passer soit un BTS (ou un brevet technique des métiers) photographe, soit le diplôme photographe de l'école de l'image des Gobelins, à Paris. À bac + 2, on peut préparer le diplôme de l'école nationale supérieure Louis-Lumière, section photographie, sur une durée de trois ans.
Contacts utiles
Maison des photographes : les deux organisations ci-dessous se sont regroupées dans cet espace, qui fait aussi fonction de galerie d'exposition. 121, rue Vieille-du-Temple, 75003 Paris. Tél. : 01 42 77 24 30
Union des photographes créateurs : cette association fournit des informations sur le choix du statut, le fonctionnement de l'Agessa, les démarches pour s'installer. Son site propose un annuaire des professionnels où l'on peut être référencé. Tél. : 01 42 77 24 30 ; www.upc.fr
Groupement national des photographes professionnels : Tél. : 01 42 77 02 25 ; www.gnpp.com
Bibliographie
Guide formation 2005. Pour connaître les adresses des écoles de photo et des centres de formation continue en France... Ouvrage disponible au prix de 3,60 euros auprès du secrétariat du Groupement national des photographes professionnels.
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