Le e-commerce et les services en ligne sont en plein boom. Mais il ne suffit pas d'une bonne idée pour réussir.
Rechercher un emploi, lire la presse, suivre une formation, acheter des vêtements, développer ses photos, nouer des rencontres, réserver une chambre d'hôtel... Aujourd'hui, on peut tout faire ou presque sur Internet. À condition d'y avoir accès. Car si le Web a révolutionné les habitudes d'une majorité de Français, son usage n'est pas encore universel. Jugez plutôt : 83 % des personnes de plus de 18 ans possédant un ordinateur à leur domicile disposent certes d'une connexion Internet, selon une enquête conduite par le Credoc en juin 2007. Mais la proportion des possesseurs d'ordinateur atteint seulement 64 %. La marge de développement est donc confortable.
En attendant ces nouveaux « clients », les cyberentrepreneurs ont déjà largement de quoi s'occuper puisque le secteur poursuit sa croissance à un rythme effréné. « Avec 16 milliards d'euros pour le e-commerce classique, si l'on ajoute les contenus en ligne (petites annonces, jeux, musique, presse...) et les services financiers (crédit, bourse en ligne), c'est un chiffre d'affaires de 19 à 20 milliards d'euros qu'a réalisé le marché français du e-commerce et des services en ligne en 2007 », déclarait Henri de Maublanc, président de l'Association pour le commerce et les services en ligne (Acsel), à l'occasion de la publication des résultats du baromètre Acsel du e-commerce en janvier 2008. Soit une augmentation de près de 40 % comparée à l'année précédente.
Autre indicateur, fourni par l'Acsel, qui augure un avenir radieux en terme de business : la confiance dans l'achat en ligne continue de progresser fortement, passant de 41,1 % à 61,1 % des internautes entre 2003 et 2007. Sans surprise, les catégories les plus confiantes sont les 25-34 ans, les CSP + et les habitants de la région parisienne. En revanche, les créateurs de site devront redoubler d'efforts pour conquérir les retraités, les plus de 50 ans et les provinciaux.
Le potentiel est donc avéré et alléchant. Mais y a-t-il encore des créneaux sous-exploités sur la toile, voire de nouveaux concepts à inventer ? Assurément, oui ! Des entrepreneurs imaginatifs le prouvent chaque jour. Comme Yolande Large qui, forte d'une expérience de 15 ans dans le monde du cadeau d'affaires, a eu l'idée de créer une boutique en ligne de coffrets cadeaux haut de gamme exclusivement dédiés aux entreprises. « En fonction de son budget, le client sélectionne l'un des 6 coffrets proposés (de 49,90 à 279 euros HT). Tous donnent accès à une large gamme de cadeaux de marques prestigieuses (objets design, paniers gastronomiques, vins, stylos, activité sportive, séance détente...), explique la créatrice de Coffret Liberty. L'entreprise peut apposer son logo et son nom sur le carton d'accompagnement, ajouter un message et même personnaliser le site internet sur lequel le bénéficiaire du cadeau se connectera, au moyen d'un code d'accès, pour faire son choix ». Le concept a fait mouche : Coffret Liberty croule sous la demande !
Fabien Martineau, 28 ans, connaît lui aussi des débuts prometteurs avec sa billetterie en ligne spécialisée dans les parcs d'attraction, Billetsparcs.com : « sur les 300 parcs existant en France, j'en ai référencé une vingtaine qui représentent 20 millions d'entrées. Jusqu'à présent, seul 6 % des billets étaient vendus par internet ». Le jeune homme compte bien changer la donne. Pour se démarquer des mastodontes du secteur (Ticketnet, Francebillet...), il mise sur deux atouts : « contrairement à ces réseaux généralistes, je ne me contente pas de vendre des billets. En tant que spécialiste des parcs d'attractions, je suis capable d'apporter un conseil personnalisé pour aider les visiteurs à organiser au mieux leurs parcours et de répondre à toutes les questions d'ordre pratique. En outre, les billets que je commercialise ne sont pas des bons à échanger. Du coup, les visiteurs n'ont pas à faire la queue à l'entrée du parc ». Le créateur, qui a investi 40 000 euros dans l'affaire, espère vendre un minimum de 7 000 tickets en 2008, pour atteindre 150 000 euros de chiffre d'affaires. « D'ici 3-4 ans, je vise 30 000 à 40 000 billets », ajoute-t-il.
Dernier exemple de business florissant : l'activité de traiteur en ligne. Présent sur le Net depuis 2005, Idbuffet.com fut ainsi l'un des premiers à permettre aux particuliers et aux entreprises de la région parisienne d'organiser en quelques clics leurs buffets, réceptions et autres cocktails, 24h/24. Résultat : plus de 1 000 visiteurs se pressent chaque jour sur le site. Quant au chiffre d'affaires, il progresse de 50 % par an (1,3 millions d'euros en 2006).
Points communs de ces trois activités Internet : elles simplifient la vie des consommateurs. Et c'est là l'une des clés de leur succès. Mais il ne suffit pas d'aider les clients à gagner du temps ou de les accompagner dans leur démarche d'achat pour réussir. Encore faut-il savoir se promouvoir.
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