Le business de l'initiation informatique et internet à domicile fait des émules. Un marché en friche, à investir d'urgence.
Selon le ministère de l'Emploi, « près de 400 entreprises se sont lancées dans le nouveau métier de l'assistance informatique/internet à domicile. D'ici trois ans, elles devraient être plus de 1 500. » Impossible, en revanche, de savoir combien sont spécialisées uniquement dans les cours informatiques. Car sur le marché des prestations informatiques à domicile, la plupart des acteurs proposent un bouquet de services (initiation/formation à l'informatique, accompagnement internet, conseil à l'achat, livraison, installation...). « La formation est le créneau le plus rentable, explique Xavier Sillon, du Syndicat des entreprises de services à la personne (SESP). Mais il faut susciter le besoin chez le consommateur. Pour capter la clientèle, une majorité d'entreprises utilisent donc l'assistance comme porte d'entrée. »
Des besoins rudimentaires
Se familiariser avec les touches du clavier, apprivoiser la souris, apprendre à faire des recherches sur le Web... Les besoins des clients - essentiellement des seniors - sont rudimentaires : « Ils ne cherchent pas à avoir une connaissance approfondie de l'outil informatique. Ils en ont un usage basique », confirme Laurent Combeau, cofondateur de la société Cyber@Dom. Il n'est donc pas nécessaire d'être informaticien pour dispenser des cours informatiques à domicile. Au contraire : « L'intervenant doit être pédagogue, doué d'une grande capacité d'écoute, surtout pas trop technique », pointe Christian Decloux, qui a créé l'entreprise Copilotes.
Autre élément qui rend ce nouveau business accessible à tous, la mise initiale, peu élevée : « L'investissement de départ est limité puisque tout se passe chez le client », confirme Christian Decloux. Revers de la médaille : l'activité dégage une faible marge. « Les prestataires facturent leurs services entre 50 et 55 euros de l'heure en moyenne », estime Xavier Sillon. Une fois déduits le salaire du formateur et les frais divers (charges, carburant...), il ne reste pas grand-chose... En outre, le marché est fortement concurrentiel. Difficile de se faire une place entre les associations, les entreprises d'insertion, les intervenants employés directement par les particuliers (légalement ou au noir), les grandes surfaces qui créent des filiales pour se lancer sur ce créneau.
Premier impératif pour tirer son épingle du jeu : obtenir un agrément auprès de la direction départementale du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle (DDTEFP). Ce sésame permet en effet aux clients de profiter d'une réduction d'impôt égale à 50 % des dépenses engagées et de payer avec le chèque emploi-service universel (Cesu). En outre, les prestataires agréés bénéficient d'un taux de TVA réduit à 5,5 % et d'une exonération de charges patronales de Sécurité sociale dans la limite d'un smic brut. Autre astuce : se faire référencer auprès d'une enseigne nationale (Personia, France Domicile...) pour assurer sa visibilité. Celles-ci sont en effet chargées de mettre en contact l'offre des producteurs de services et la demande des particuliers. Enfin, nouer des partenariats avec les grandes surfaces peut également s'avérer efficace et moins coûteux pour conquérir de nouveaux clients que la publicité.
Éric Maubant, cofondateur d'Aide-Ordinateur
« Les attentes des clients ont beaucoup évolué. »
« Quand nous nous sommes lancés dans les cours informatiques à domicile en septembre 2001, le marché était vierge. Actuellement, le business explose ! », déclare Éric Maubant, qui a fondé Aide-Ordinateur avec deux associés, à Villeurbanne. « Nous avons démarré avec 10 000 euros. Et au fil du temps, nous avons réinvesti l'argent gagné, notamment pour développer notre notoriété. » Éric Maubant est catégorique : « La communication, c'est le nerf de la guerre, surtout au démarrage. » Mais si Aide-Ordinateur vient de fêter son 3 000e client et a réalisé 250 000 euros de chiffre d'affaires en 2006, c'est aussi parce que l'entreprise a su évoluer : « Il y a six ans, les clients faisaient appel à nous pour savoir comment manier la souris ou brancher un ordinateur. Aujourd'hui, leurs attentes concernent de plus en plus les dernières technologies : brancher un iPod, télécharger des images... » Étonnant quand on sait que les seniors (60 ans et plus) représentent 80 % de la clientèle. Pour autant, chez Aide-Ordinateur, les deux intervenants employés en CDI à temps partiel ne sont pas des ingénieurs informaticiens. « Nous recrutons des personnes pédagogues et patientes », explique Éric Maubant. La prestation de deux heures est facturée 94 euros. Mais les tarifs sont dégressifs selon le nombre de cours suivis.
À ce jour, Aide-Ordinateur dispose de 17 agences en France. « Ce sont de petites entreprises indépendantes fonctionnant toutes sur le même modèle », indique Éric Maubant.
Et en 2003, une filiale a été créée pour répondre à la demande des professionnels (dentistes, avocats, médecins...).
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