Arrivé en France il y a quelques mois, le concept de la location de sacs griffés sur internet fait un tabac.
Jouer les « fashion victimes » en arborant le sublime Chanel Coco Cabas est désormais à la portée de toutes les bourses, ou presque. Depuis mars dernier, en effet, trois sites spécialisés dans la location de sacs à main de luxe ont fait leur apparition sur la Toile française. Les blogueuses se passent le mot, les magazines féminins ne parlent que de ça. Résultat : les listes d'attente pour les pièces les plus prisées ne cessent de s'allonger. Et le succès naissant de ce concept, venu tout droit des États-Unis, devrait rapidement aiguiser l'appétit d'autres entrepreneurs.
Chic en un clic
C'est une entreprise américaine qui, la première, a eu l'idée de proposer ce service innovant, en 2004. Bag Borrow or Steal™ (littéralement, sac à emprunter ou à voler) loue non seulement des sacs haut de gamme mais également des bijoux. Dans l'Hexagone, les trois sites internet qui ont investi le créneau ont dupliqué, à peu de chose près, le modèle mis au point par cette société.
L'internaute fait son choix parmi les sacs griffés Vuitton, Yves St Laurent, Chloé Paddington, Dior... puis passe commande sur le site. Le sac est livré à domicile sous 24 ou 48 h, accompagné d'un bon de retour prépayé permettant à la cliente de retourner son sac quand la période de location arrive à échéance. Les Parisiennes bénéficiant d'un sacré privilège : chez sacdeluxe.fr, la livraison est gratuite et peut être effectuée, à la demande, sur le lieu de travail, tandis que feelchic.fr propose un retrait dans ses locaux ou un service coursier pour 8 euros. Installée à Aix-en-Provence, sacdunjour.com peut difficilement rivaliser. La cliente a toutefois la possibilité de se faire livrer dans un relais colis. La durée de location varie d'un site à l'autre : à la semaine, au mois, ou sans limitation. Et il est un principe que tous appliquent : un seul sac loué à la fois.
Le prix de location dépend bien évidemment du type de sac : de 14 à 250 euros par semaine selon les sites. Certains ont même prévu des formules d'abonnement pour les fanatiques, avec tarifs préférentiels sur la location, informations sur les nouveautés en avant-première, accès à des offres exclusives, place prioritaire sur les listes d'attente, processus simplifié de réservation et de paiement... Sous peu, les trois sites devraient compléter leur offre en proposant à la vente les sacs trop abîmés pour être loués. Vu le prix des sacs à l'achat, les trois sociétés disposent pour l'instant de stocks limités. Et difficile d'obtenir au démarrage un coup de pouce des prestigieuses maisons qui les créent...
« Nous proposons 150 références de 24 marques. »
Quand ils ont lancé sacdeluxe.fr, fin mars, Ann Kenigsberg et son associé ne s'attendaient pas à des débuts aussi encourageants : « Nous avions volontairement bâti notre prévisionnel sur des hypothèses pessimistes, en tablant sur 50 commandes le premier mois. Mais on ne pensait pas tripler ce chiffre ! », reconnaît Carl Germa. Chez les « fashion victimes », le bouche-à-oreille fonctionne à plein régime. Quelques clientes sont même devenues accros : « À peine ont-elles restitué leur sac qu'elles passent une nouvelle commande. » Difficile, dans ces conditions, de satisfaire toutes les demandes. « Pour l'instant, notre stock est constitué de 150 références de 24 marques différentes, indique Ann Kenigsberg, qui a eu l'idée de monter ce business. Nous avons démarré avec un budget serré de 55 000 euros », ajoute cette jeune Néerlandaise de 31 ans, installée à Paris depuis bientôt dix ans. Les deux associés n'en débordent pas moins de projets : « D'ici un mois, nos sacs - dont la durée de vie à la location est limitée à six mois - seront vendus d'occasion, à des tarifs 50 à 70 % inférieurs aux prix boutique. Les clientes ayant souscrit un abonnement recevront la liste des pièces mises en vente avant qu'elles ne soient affichées sur notre site », explique la créatrice. En juin, grâce au nouveau service « Flex », il sera possible de louer un sac pour une durée à la carte, contre deux semaines au minimum actuellement. « Nous allons aussi ouvrir un showroom pour permettre à celles qui le souhaitent de venir faire leur choix et retirer leur sac sur place », annonce Ann. Mais pas avant septembre, car les créateurs ne veulent rien précipiter.
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