Une demi-douzaine de franchiseurs ont attaqué le créneau du dépannage informatique. Le marché est prometteur, mais ces enseignes sont encore jeunes.
Un bug ou la défaillance d'une pièce d'ordinateur peuvent représenter une grande gêne pour un particulier et une véritable catastrophe pour un professionnel. Les services après-vente des magasins de matériel informatique sont en effet peu performants. C'est sur ce constat que se sont lancées, au cours des trois dernières années, plusieurs enseignes d'agences de dépannage informatique. Ces réseaux affirment fournir des services efficaces, et surtout rapides, à prix compétitifs. Et tous espèrent s'imposer au niveau national, même si les plus importants - Go Micro et PC 30 - ne réunissent aujourd'hui qu'une quarantaine d'agences à eux deux.
Si l'on considère qu'un ménage français sur deux est équipé d'un ordinateur, et que 98 % des entreprises de plus de six salariés font un usage quotidien de l'informatique, le marché existe. Farid Marouani, l'un des patrons de PC 30, l'évalue à 400 millions d'euros. Plus réservé, Christophe Langevin, développeur de Docteur Ordinateur, estime que "ce marché est réel mais difficile à cerner". De fait, le dépannage informatique à domicile est une activité très jeune. Jusqu'à présent, les techniciens des sociétés de services en ingénierie informatique (SSII) réservaient leurs prestations aux entreprises, en se faisant parfois attendre. Seules quelques mini-agences indépendantes et des "bidouilleurs" au noir répondaient aux appels de particuliers. Les franchiseurs du dépannage informatique veulent donc mettre sur pied des réseaux aptes à répondre sept jours sur sept à cette demande. PC 30 promet ainsi une intervention dans les trente minutes suivant l'appel, et propose des forfaits de 45 euros. Chronomicro garantit un délai plus réaliste de quatre heures maximum. Pour gagner du temps, les techniciens de ces agences se déplacent en scooter.
Bien entendu, ce métier exige une certaine compétence technique, même s'il s'exerce dans le cadre d'une toute petite entreprise. La formation dispensée par les franchiseurs ne suffit pas si le franchisé n'est pas déjà au moins un passionné rompu à la bidouille et au remplacement des pièces. Celui-ci devra donc engager des techniciens compétents. Une agence pourra embaucher au fur et à mesure de son développement, jusqu'à employer une douzaine de salariés, dont un commercial et un administratif, comme les plus grosses agences de Go Micro. Profil type du technicien : BTS informatique/maintenance réseau, même si l'on peut rencontrer des étudiants en contrat de qualification. Quant aux franchiseurs, ce sont eux-mêmes d'ex-cadres ou patrons de SSII, comme André Combe, de Go Micro, et Bruno Frick, de Ciel mon ordi. Notons aussi que des réseaux, comme Chronomicro, vendent du matériel, alors que d'autres s'y refusent, tel Go Micro. Enfin, certaines agences ciblent plus les professions libérales et les TPE que les particuliers, quitte à concurrencer les SSII, mais cette orientation dépend davantage des compétences du franchisé et des opportunités du marché local que de l'enseigne.
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