Textes de loi en rafales, nombre d'affaires à céder en hausse exponentielle... La question de la reprise d'entreprise est plus que jamais un sujet d'actualité.
Plus de 500 000 entreprises : c'est le chiffre qu'avancent en général les experts pour indiquer le nombre d'affaires à reprendre en France d'ici une dizaine d'années. La raison ? "Renouvellement générationnel oblige, beaucoup de chefs d'entreprise issus du baby-boom vont passer la main", explique Nicole Levelu, responsable du service création et transmission d'entreprises à la CCI (chambre de commerce et d'industrie) de Rennes. Un enjeu fort, puisque "500 000 entreprises, cela représente pas moins de 2 millions d'emplois", pointait le dirigeant d'un réseau d'information et de soutien à la création d'entreprise en mars 2005, au moment de la présentation de l'opération "La reprise à la portée de tous".
Pourtant, et ce n'est pas le moindre des paradoxes, le nombre annuel de rachats d'entreprises, chiffré autour de 42 000, est actuellement insuffisant pour assurer la relève. C'est que le marché de la reprise n'existe pas vraiment, du moins pas au grand jour. D'une part, les cédants ont en effet tendance à ne pas avouer publiquement leur désir de passer le relais, soit par affection pour leur entreprise, soit par peur de la déstabiliser. Et de l'autre côté, le parcours du repreneur, entre le moment où il définit sa cible et celui où il rachète une société, s'apparente à une course de longue haleine qui exige d'être bien entouré et préparé. Bref, il est plutôt difficile de faire coïncider l'offre et la demande.
C'est pourquoi les différents gouvernements ne ménagent pas leurs efforts sur la question. Entre la loi Dutreil d'août 2003, la loi pour le soutien à la consommation de l'été 2004, et la loi PME 2005, de nombreux textes ont récemment pris le sujet à bras-le- corps. Parallèlement, le projet de loi de réforme des successions, qui doit être voté d'ici la fin de l'année, prévoit des dispositions pour faciliter la gestion de l'entreprise familiale après le décès du dirigeant. Point commun à tous les textes : la volonté d'inciter le cédant à passer la main dans de meilleures conditions. Ainsi, plusieurs mesures fiscales permettent aujourd'hui à celui qui transmet et à celui qui achète une entreprise de bénéficier de réels avantages. De même, il est prévu de faciliter la période de transmission entre l'ancien et le nouveau propriétaire. Au rayon financement, le repreneur dispose de plusieurs dispositifs récents lui permettant de mieux monter son projet. Mais il reste encore à faire... "On peut et on doit améliorer l'accompagnement financier du repreneur", tranche Nicole Levelu. Une piste pour l'avenir ?
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