GRELEG SAS, itinéraire d'une reprise réussie

Jean-Claude Vendeville, repreneur de la société Greleg SA
par Ann-Karen Bartoszewski

À 50 ans, Jean-Claude Vendeville a opéré un virage à 180°. Cet ancien cadre, qui a fait toute sa carrière dans des grands groupes, a repris en mai 2006 la société GRELEG. Retour sur un changement de cap réussi.

Le parcours de Jean-Claude Vendeville est somme toute assez classique. Après vingt-cinq ans passés dans des multinationales du secteur informatique, à différents postes, sonne l'heure de la remise en question : « Je travaillais quatorze heures par jour. Touchant un salaire élevé, je coûtais cher à l'entreprise et courais donc le risque, à moyen terme, d'être licencié, raconte-t-il. Mais surtout, j'en avais ma dose de l'informatique. J'aspirais à découvrir autre chose, en mettant à profit mes acquis. » En 2001, Jean-Claude négocie donc son départ. Et pendant deux ans, il cogite sur ce qu'il pourrait faire. Il envisage un temps de créer son entreprise en franchise car il ne « veut pas partir de zéro », mais aucune enseigne ne trouve grâce à ses yeux. Il aide ensuite, pendant huit mois, un ancien collègue qui vient de monter sa boîte de prestations informatiques, avant de s'orienter vers un projet de reprise d'entreprise.
« En juin 2004, j'ai suivi une formation proposée par l'association Cédants et repreneurs d'affaires (CRA) », explique-t-il. Et après un bilan personnel, Jean-Claude commence à préparer son ciblage : « Ayant un profil de développeur et non de technicien, je devais axer mes recherches sur les PME de 20 à 50 salariés et non sur des petites structures. Au départ, je visais un secteur d'activité du type serrurerie, chaudronnerie, mécanique ou électricité. Mais en tant que repreneur personne physique, le choix des offres est limité au reliquat laissé par les personnes morales », déplore-t-il. S'agissant du périmètre de recherches, Jean-Claude souhaitait se limiter aux affaires situées à une heure maximum de son domicile, basé à Nantes. Enfin, il était entendu que son épouse, salariée d'une entreprise spécialisée dans les supports de communication pour le bâtiment, serait associée au projet.

L'expert-comptable, un précieux soutien

Une fois posés ses critères, il s'emploie à tisser un réseau pour dénicher des entreprises à reprendre. Cabinets privés, experts-comptables, banquiers, organismes consulaires... sans négliger internet. Au total, une vingtaine de dossiers retiennent son attention. « Après écrémage, j'en ai gardé six », se souvient-il. Séduit par le dynamisme du cabinet In Extenso (filiale de Deloitte), Jean-Claude Vendeville décide de poursuivre ses investigations avec l'aide de Jean-François Trouillard, l'un des collaborateurs In Extenso. Les deux hommes engagent des pourparlers avec différents cédants. Mais chaque fois, les négociations capotent pour diverses raisons. Jusqu'à ce jour d'octobre 2005, où il tombe sur La perle : « La société nantaise Greleg correspondait en tous points à ce que je cherchais : une entreprise de services utilisant l'outil informatique, disposant d'un potentiel de développement et évoluant dans le domaine de la communication dont mon épouse était familière », déclare-t-il.
Les analyses menées par l'acquéreur et par son conseiller font ressortir une trésorerie excédentaire : « ça impactait fortement la valorisation mais ça me permettait de rembourser les emprunts et de me verser un salaire. » Sur les 19 salariés que compte la société, Jean-Claude identifie 5 hommes clés : « Trois peintres en lettres dotés d'un savoir-faire indispensable ; deux commerciaux, parmi lesquels le cédant dont le départ représentait un risque majeur. » Pour terminer, il se penche sur tous les contrats (maintenance industrielle, fournitures, assurances, entretien du bâtiment...), histoire de voir s'il est possible de réduire les coûts, et passe en revue les charges, les immobilisations... Mi-décembre, il soumet une offre au couple de cédants. Problème : un candidat est déjà sur l'affaire. Heureusement pour Jean-Claude, ils ne parviennent pas à un accord. Fin janvier, les cédants reviennent donc vers lui.
L'immobilier va constituer alors le principal sujet de discussion : « Greleg exerce son activité dans un bâtiment de 1 870 m² financé en crédit-bail, explique le cessionnaire. Le contrat arrive à échéance en 2013 avec une option de rachat possible en 2008. » Après avoir exploré plusieurs pistes (rachat du crédit-bail...), Jean-Claude Vendeville trouve un compromis avec le couple Grégoire : « Je paie les loyers à la SCI des cédants, lesquels continuent à rembourser le bailleur. Quand mon bail de location expirera en 2008, j'aurai deux options : quitter les locaux ou les acheter. » Le protocole d'accord est scellé en février. Dans la foulée, le repreneur présente son business plan à cinq banques et trois business angels. « Seules les deux banques de Greleg ont accepté de me suivre », constate-t-il amèrement. Oseo se montre moins frileux en octroyant et garantissant un prêt de 200 000 euros.


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