Elle grimpe, elle grimpe, la société de Pierre-Édouard Stérin. Son secret ? Des coffrets cadeaux d'un genre nouveau.
Il n'est pas encore né celui qui empêchera Pierre-Édouard Stérin d'aller jusqu'au bout de ses idées ! Après avoir revendu en 2001 sa petite entreprise de vente de logiciels et de jeux vidéo, le jeune homme, diplômé d'une école de commerce, a créé 2 ans plus tard Weekendesk, une nouvelle société au principe innovant. Le concept ? Proposer des coffrets thématiques (aventure, bien-être...) contenant chacun un éventail de prestations aussi large que possible : saut à l'élastique, balade en montgolfière... Ces coffrets ont révolutionné le chèque cadeau, le transformant de simple feuille de papier en véritable objet à découvrir. Résultat ? Un joli succès, puisque la société a déjà vendu 140 000 coffrets ! Avant d'en arriver là, Pierre-Édouard Stérin a pourtant connu déboires et galères. C'est qu'une idée de business, ça ne vient pas en claquant des doigts !
Mener une recherche tous azimuts
Pour trouver la bonne idée, un seul conseil : il faut explorer TOUTES les pistes ! Première étape : la veille. Dès 2001, Pierre-Édouard Stérin a ainsi ouvert grand yeux et oreilles : " J'ai regardé à droite, à gauche, d'abord en France, je passais des heures sur Internet à consulter des dizaines de sites ", raconte le jeune homme. S'inscrire à des newsletters économiques, éplucher la presse économique, effectuer des recherches sur Internet... Autant d'heures de travail à ne pas comptabiliser !
Parallèlement à ces recherches " institutionnelles ", Pierre-Édouard Stérin n'a pas hésité à sonder ses anciens camarades étudiants. C'est le fameux effet réseau, indispensable, d'autant qu'il est... gratuit. Même si les résultats ne sont pas garantis. Pierre-Édouard Stérin en sait quelque chose : mis en relation par un ancien camarade devenu avocat avec un scientifique inventeur, notre porteur de projet a vite déchanté ! " Il s'agissait d'un inventeur fou qui tenait des propos totalement incohérents. Il a fait capoter chaque rencontre avec les responsables de grandes entreprises, pourtant intéressés par cette invention. J'ai lâché l'affaire au bout d'un mois ! ", confie Pierre-Édouard Stérin. En tout, le créateur aura étudié attentivement pas moins de six projets qui, à chaque fois, sont tombés à l'eau.
Lorsque l'on cherche une idée vraiment nouvelle, mieux vaut donc encore élargir son angle de vue au maximum, quitte à regarder vers l'étranger. C'est ce qu'a fait Pierre-Édouard Stérin, en partant en Amérique. Là-bas, notre homme observe les business qui montent, et ne tarde pas à trouver chaussure à son pied. À Boston, Pierre-Édouard Stérin rencontre en effet le créateur d'une société spécialisée dans les programmes de fidélisation nouvelle génération, au principe simple comme bonjour : plus on consomme, et plus on gagne de points de fidélité ; ces points se transformant ensuite en argent bloqué sur un compte qui sert à financer les études des enfants (l'une des préoccupations majeures des Américains). Eurêka ! Sur ce canevas, Pierre-Édouard Stérin a l'intuition qu'il y a quelque chose à développer. " J'ai senti que l'idée était bonne, à part la finalité qui n'était pas assez incitative pour les Français ", affirme-t-il. À une époque où l'on parle beaucoup de la retraite par capitalisation, lui trouve une variante : les points de fidélité rapporteraient de l'argent bloqué sur un compte pour la retraite.
Se tromper pour mieux rebondir
Las ! Il a beau démarcher plusieurs sociétés, Pierre-Édouard Stérin essuie refus sur refus. Mais c'est bien connu : c'est en poussant une idée à bout qu'on en fait naître une nouvelle ! Le créateur fait sienne cette maxime lorsqu'il rencontre Philippe Denef. Cet entrepreneur belge, fondateur de la société Happy Days - qui développe une carte de fidélité valable dans 40 enseignes belges -, vient en effet de revendre son entreprise et cherche à se lancer dans une nouvelle aventure. Les deux hommes décident alors de décliner le concept Happy Days en France. Car s'il existe déjà des cartes de fidélité dans notre pays, le principe d'une carte valable dans plusieurs enseignes, lui, est peu connu.
Dès septembre 2001, les deux compères contactent les grands groupes français. " Il suffisait d'un distributeur alimentaire, d'une banque et d'un groupe pétrolier pour que le projet marche. " Mais, en France, " les entreprises refusent de partager leur fichier clients ". Nouveau chou blanc. Philippe Denef et Pierre-Édouard Stérin décident alors... non pas d'arrêter, mais de passer à autre chose !
De la fidélisation au cadeau, il n'y a qu'un pas... que les deux hommes franchissent. Au lieu de se séparer sur cet échec, nos associés décident en effet de rebondir sur une autre idée voisine : vendre des coffrets cadeaux, où la valeur faciale n'apparaît pas. Philippe Denef avait lancé une autre société en Belgique sur ce concept, dont les résultats étaient prometteurs. Il faut dire que le principe a de quoi séduire : la personne qui reçoit le coffret peut choisir entre plusieurs activités, selon le thème sélectionné. Par exemple, pour le coffret " aventure ", le destinataire peut choisir entre des activités comme un stage de pilotage de Porsche de compétition, une initiation au pilotage en hélicoptère... À se demander pourquoi personne n'y avait pensé plus tôt ! Reste maintenant à transformer la bonne idée en entreprise viable...
Passer du concept à la création
d'entreprise
Première chose à faire : sonder le potentiel du projet. Une rapide étude de marché sur le secteur du chèque cadeau confirme aux créateurs que l'activité est en pleine croissance en France. " Les premiers contacts de démarchage auprès de partenaires spécialistes des loisirs (hôteliers, centres de thalassothérapie...) ont été excellents. Nous sortions systématiquement des rendez-vous avec un engagement signé sous le bras, se souvient Pierre-Édouard Stérin. Cette fois, on tenait le bon bout ! " Résultat : Weekendesk voit le jour en avril 2003. Pour le lancement, le créateur soigne sa stratégie : les coffrets sont mis en vente en exclusivité au Bon Marché, une enseigne parisienne haut de gamme. De quoi distinguer le produit du tout-venant des chèques cadeaux... Au niveau du timing, même malice : les premiers coffrets sortent pour la fête des mères. La stratégie s'avère payante, comme les chiffres le prouvent : 5 millions d'euros de chiffre d'affaires ont été réalisés en 2004, et 26 millions sont prévus pour 2005 ! " Ces coffrets plaisent notamment parce que celui qui reçoit a toujours l'impression que le coffret a une valeur supérieure au prix payé par celui qui offre, explique Pierre-Édouard Stérin. Ainsi, le pilotage de Porsche de compétition sera naturellement estimé autour de 100 euros, alors que celui qui offre l'aura payé 49,90 euros ! " L'offre d'activités ne cesse ainsi d'augmenter, et Weekendesk prévoit de passer de 500 à 1 000 partenaires d'ici la fin de l'année. L'expansion est telle qu'un business angel (belge lui aussi) vient d'apporter 100 000 euros à l'affaire. Comme quoi, la persévérance finit toujours par payer
!
Pour trouver une idée de création d'entreprise, un seul conseil : chercher, chercher et encore chercher ! Mais, pour forcer le destin, il existe de nombreux moyens de détecter les bons filons.
Les salons accueillent inventeurs ou entrepreneurs aux idées " révolutionnaires " :
Concours Lépine (dates et lieux sur le site Internet : www.concours-lepine.com ou tél. : 01 40 02 04 50).
Salon des entrepreneurs (www. salondesentrepreneurs.com ou 0 825 363 840).
Salon international des inventions, des techniques et produits nouveaux (www.inventions-geneva.ch ou 00 41 22 736 59 49).
Salon des micro-entreprises (www.salondesmicroentreprises.com).
Les organismes chargés de l'aide à la création peuvent aussi apporter des conseils riches :
Chambres de commerce et d'industrie
Boutiques de gestion
Réseau Balise
Agence pour la création d'entreprises
Enfin, les études de marché ou celles portant sur les modes de vie et de consommation donnent une indication sur ce que les consommateurs attendent :
Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) : www.credoc.asso.fr ou 01 40 77 85 04.
Sofres (étude marketing et d'opinion) : www.tns-sofres.com.
Interview de Joël Darnaud, directeur général délégué d'OSEO qui nous présente les principaux mécanismes d'aide aux PME. Création d'entreprise, développement,...
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Bonjour à tous N'ayant pas trouvé comment contacter...
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