L'avenir du Web passe désormais par les communautés d'internautes. Mais le commerce électronique a encore du potentiel.
Le milieu internet ne parle plus que de ça. Depuis quelques mois, les start-up autour du Web 2.0 se multiplient et ce n'est sans doute qu'un début. Beaucoup d'entrepreneurs y croient, d'autant qu'il n'est pas nécessaire de lever des fortunes pour lancer une idée et la tester. Comme aux États-Unis, on voit de jeunes passionnés de nouvelles technos, à peine sortis de leur école de commerce ou d'ingénieurs, imaginer dans leur garage des concepts inédits à la manière des créateurs de Google. Les projets foisonnent et les tests se multiplient sur la Toile en attendant le soutien d'investisseurs pour passer à la vitesse supérieure.
Dénominateur commun de ces nouveaux services : mettre les internautes au centre du dispositif. Les visiteurs ne sont pas uniquement des utilisateurs passifs, ils peuvent se transformer en collaborateurs actifs, souvent rémunérés. C'est l'essence même du Web 2.0. Exemple type : le site Looneo qui vient d'être lancé dans sa version définitive après quatre mois d'essais. Ce service d'aide à l'achat de produits high-tech repose sur l'expertise des internautes eux-mêmes, en l'occurrence 800 « experts » (bloggers, webmasters ou accros de nouvelles technos) dont les critiques portent sur environ 1 800 produits pour l'instant. « Ces contributeurs sont rémunérés : les plus sérieux et les plus appréciés pourront gagner jusqu'à 785 euros pour chaque critique », affirme Alban Peltier, le créateur du site.
Même les marchés les plus traditionnels sont touchés par la vague. Une jeune start-up de Perpignan prépare ainsi le lancement d'un site d'annonces immobilières à la sauce 2.0. Un secteur concurrentiel ? Oui, mais « Geonimmo compte faire la différence en plaçant les internautes au coeur du marché immobilier », explique son fondateur, Hubert Fisselier. Chaque visiteur pourra se transformer par exemple en « prospecteur de biens » ou en apporteur de différents services : « chasseur de biens » ou « envoyé spécial », chargé de visiter appartements ou maisons. Tous seront rémunérés, selon le succès de leur intervention.
Mais la déferlante 2.0 ne doit pas faire oublier le e commerce, toujours en forme. De plus en plus, les Français font leur course en ligne depuis leur ordinateur plutôt que d'affronter les files d'attente et les bousculades aux caisses. En 2006, le chiffre d'affaires du commerce électronique aurait ainsi progressé de 33 % pour atteindre 9 milliards d'euros, selon une étude de Benchmark. Avec moins d'un Français sur deux qui achète sur le Web, la marge de progression est énorme.
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