120 milliards d'euros de commandes publiques par an ! Dommage de passer à côté. D'autant qu'Internet facilite largement l'accès aux offres.
Petite révolution dans la passation des marchés publics ! Les dispositions du
nouveau code, entré en vigueur début 2004, obligent les acheteurs publics à
s'organiser pour recevoir les candidatures des entreprises via Internet. Cette
mesure, rendue obligatoire en début d'année, ne concerne pas tous les marchés.
Elle s'applique uniquement à ceux qui relèvent de la procédure dite
" formalisée ". Autrement dit, ceux dont le montant est supérieur à 150 000 euros
pour l'État et 230 000 pour les collectivités locales. Pour les autres marchés,
c'est aux acheteurs de décider s'ils veulent proposer ou non une procédure
dématérialisée.
Cette nouveauté simplifie la donne, puisqu'elle permet aux entreprises de
réaliser l'intégralité des étapes de la procédure à partir d'un simple
ordinateur relié à Internet. Il devient ainsi possible de consulter les appels
d'offres, de télécharger les dossiers de candidature et de transmettre son
offre, à toute heure du jour ou de la nuit.
L'accès aux dossiers est beaucoup plus rapide
Cette possibilité offerte aux entreprises présente d'autres avantages. À
commencer par un gain de temps. Car l'envoi des documents par voie électronique
- cela prend quelques minutes - est sensiblement plus rapide que les moyens
d'expédition habituels, comme La Poste ou par transporteur. On peut ainsi
facilement gagner un ou deux jours.
La dématérialisation constitue également une source d'économies puisqu'elle
permet d'éviter les frais d'affranchissement des dossiers de candidature (soit
le prix d'une lettre recommandée avec AR, ou d'un envoi par transporteur). Au
final, les entreprises ne supportent que leurs coûts de connexion à Internet,
puisque le service de dématérialisation est gratuit. Ce sont en effet les
collectivités qui prennent à leur compte l'intégralité des coûts techniques.
Pour répondre à un marché public en ligne, il faut toutefois disposer des
équipements nécessaires. Les entreprises doivent ainsi se procurer un certificat
de signature électronique. Assimilable à une carte d'identité électronique,
celui-ci comporte des informations permettant à son détenteur de s'identifier
personnellement (nom, prénom, pays, entreprise...). Son coût est raisonnable. Il
démarre à quelques dizaines d'euros par an. Doté d'une période de validité de 1
à 3 ans, en règle générale, il peut avoir d'autres utilités, comme payer sa
TVA par Internet.
Ces certificats sont disponibles auprès d'organismes bancaires ou de prestataires
spécialisés comme BNP Paribas (Net-Identity), le Crédit agricole (CA
Certificat), ou encore Infogreffe (Certigreffe). La liste complète de ces
organismes est d'ailleurs disponible sur l'ensemble des sites de marchés
publics. Bien entendu, ces certificats sont compatibles avec les différentes
plates-formes techniques des acheteurs publics en ligne. Il suffit donc d'en
détenir un seul, pour se porter candidat sur tous leurs sites. Mais qu'en est-il
de la sécurité et de la confidentialité des procédures dématérialisées ? Il faut
savoir que les candidatures et les offres sont cryptées depuis le poste de
l'utilisateur. Elles restent donc scellées et inviolables, par quiconque,
jusqu'à leur ouverture par l'acheteur public. Pas de risque de ce côté-là donc.
Doubler son envoi par courrier aboutit au
rejet
Quant aux virus informatiques, ils ne semblent pas poser de problèmes
particuliers. "Les collectivités avec lesquelles
nous sommes en contact n'en font guère état", commente Marie-José
Palasz, à la direction des affaires juridiques du ministère de l'Économie. Et
lorsque cela arrive, l'acheteur public qui décide de mettre le fichier en
quarantaine est alors tenu d'en informer le candidat. Libre alors à ce dernier
de tenter à nouveau sa chance, quitte à envoyer son dossier par La Poste cette
fois.
Il est d'ailleurs utile de rappeler qu'il n'y a aucune obligation de répondre en
ligne à un appel d'offre dématérialisé. Il est tout à fait possible d'imprimer
les documents, de les remplir à la main, et de les expédier sous enveloppe. De
même, les entreprises ont toujours la possibilité de recevoir un document
papier. Il suffit de le demander. Par contre, il ne faut jamais doubler son
dépôt électronique d'un dépôt papier. Car le double envoi est un motif
automatique de rejet.
Au fait, comment se comportent les 75 000 acheteurs publics vis-à-vis de la
dématérialisation ? "Tous ne sont pas encore
opérationnels, précise Marie-José Palasz. Mais on sent une accélération progressive de ceux
qui se mettent au diapason, depuis la fin de l'année 2004."
Du côté des entreprises, en tout cas, on apprécie visiblement les avantages de la
formule. Mais si l'on est friand de télécharger les informations sur Internet,
on reste encore frileux face à l'envoi des offres par voie dématérialisée. Les
comptages effectués sur le portail des marchés publics du ministère de la
Défense, le prouvent : seules 210 candidatures ont été envoyées en ligne par les
entreprises en 2004, pour 6 900 appels d'offres mis en ligne, et 50 000
téléchargements de dossiers de consultation. Toutes les autres sont arrivées par
les voies d'acheminement classiques !
"La dématérialisation est toute récente,
constate Marie-José Palasz, elle n'est pas encore
entrée dans les moeurs, mais je pense qu'on va assister au même phénomène
que pour la déclaration d'impôt par Internet." Après avoir connu un
démarrage poussif, celle-ci rencontre aujourd'hui un succès fulgurant. Alors
patience !
Pour candidater à un appel d'offres en ligne, il faut suivre les mêmes étapes que
pour une procédure classique. La principale différence réside dans le fait que
les documents sont échangés par voie électronique, et non par voie postale. Ce
qui oblige à les signer " électroniquement ". Pour cela, le candidat doit
impérativement posséder un certificat de signature électronique.
1. Se procurer un certificat de signature
Ce certificat, qui équivaut à une carte d'identité virtuelle, contient des
informations personnelles permettant d'authentifier son propriétaire. Il peut se
présenter sous la forme d'une carte à puce électronique, lisible dans un petit
boîtier, relié à l'ordinateur. Plusieurs banques et prestataires spécialisés en
proposent.
2. Sélectionner le marché auquel on va
candidater
Rien de plus simple. Les sites de marchés publics proposent un moteur de
recherche qui permet d'accéder rapidement aux marchés visés. Selon les cas, on
peut ainsi effectuer une recherche géographique (région, département, ville),
sectorielle (fournitures, services, travaux), ou éventuellement par mot-clé.
3. Télécharger les éléments de l'appel
d'offres
Pour télécharger le DCE (document de consultation des entreprises) qui décrit en
détail le marché et ses conditions, ainsi que le formulaire de réponse, il faut
remplir une fiche de renseignements indiquant ses coordonnées. Cette formalité
est indispensable pour informer les candidats d'éventuelles modifications du
marché.
4. Constituer son dossier de candidature
Les fichiers étant maintenant copiés sur le disque dur du candidat, il lui suffit
d'ouvrir les fichiers, puis de les remplir en précisant le détail de ses
prestations et en établissant son tarif. Pas besoin d'imprimer les formulaires.
Au contraire, mieux vaut les compléter à l'écran, puisque ce sont ces fichiers
qu'il faut retourner à l'acheteur.
5. Signer son offre et l'envoyer à l'acheteur
public
Il faut d'abord se connecter sur le site et cliquer sur le lien " répondre", à
côté de l'offre choisie. Il ne reste plus qu'à sélectionner les fichiers de
candidature complétés, puis à activer son certificat de signature électronique.
Les documents sont alors cryptés, horodatés et transmis à l'acheteur public, qui
en accuse réception.
Ne vous attendez pas à trouver sur ces sites des milliers d'appels d'offres en
ligne. Beaucoup de collectivités n'ont pas encore acquis le réflexe
" dématérialisation ". Mais le nombre des marchés publiés progresse. On trouve sur
la plupart de ces sites des fonctions d'alerte, permettant d'être averti de
l'arrivée d'une nouvelle offre ciblée.
1 - www.marches-publics.gouv.fr
Caractéristiques
Ce site est le portail officiel des marchés publics de l'État. Il regroupe les
appels d'offres d'une quinzaine de ministères.
Contenu
Environ 450 marchés en ligne. L'éventail des besoins est large (équipements
routiers, de santé, informatique, etc.).
Notre avis
Simple d'utilisation. Il reprend la plate-forme technique éprouvée du site
achatpublic.com.
2 - www.achats.defense.gouv.fr
Caractéristiques
Pour des raisons stratégiques, le ministère de la Défense a le privilège de
posséder sa propre plate-forme d'appels d'offres en ligne.
Contenu
6 900 marchés publiés en 2004. Tous types de besoins (fournitures, services), à
l'exception de l'armement.
Notre avis
Complet. Nombreuses rubriques (documentation, méthodologie des marchés publics,
glossaire).
3 - www.achatpublic.com
Caractéristiques
Filiale de grands groupes, dont la Caisse des dépôts et France Télécom, ce site
est le pionnier du secteur.
Contenu
Environ 1 600 marchés en ligne, de toute nature. On peut y consulter 230 000
publicités d'appels d'offres.
Notre avis
C'est le mieux pourvu. Très riche, il propose aussi des actualités, des dossiers,
des interviews...
4 - www.e-marchespublics.com
Caractéristiques
Site lancé par une petite société de services spécialisée dans la
dématérialisation des marchés publics.
Contenu
Environ 350 marchés et appels d'offres, divers et variés. Leur nombre augmente.
Il a triplé en l'espace de 6 mois.
Notre avis
Dommage qu'une partie des appels d'offres publiés ne permettent pas de répondre
en ligne !
5 - www.avispublics.com
Caractéristiques
Lancé fin 2004 par le journal Le Parisien, ce
site reprend les annonces publiées par ce titre et ses partenaires.
Contenu
350 annonces de marchés publiées. Depuis le lancement, leur nombre double tous
les deux mois.
Notre avis
Très accessible. Mais la plupart des avis concernent des marchés passés par des
collectivités d'Île-de-France.
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