Optimiser le BFR implique de mettre en place dans l'entreprise un programme associant la direction générale et l'ensemble des opérationnels.
Poussées par des objectifs de croissance, de désendettement ou par la volonté d'un actionnariat attentif à la rentabilité des capitaux investis, les entreprises ont accompli ces dernières années de gros efforts pour essayer d'augmenter leurs liquidités sans dégrader leur structure de coûts. Malgré cela, une récente étude(1) montre que si 51 % des entreprises interrogées considèrent leur performance BFR en progression, 40 % restent insatisfaites du niveau atteint. D'où l'intérêt de lancer un programme d'amélioration du niveau de liquidités de l'entreprise.
Comprendre la notion de BFR
Pour les comptables, le BFR - besoin en fonds de roulement - correspond aux actifs d'exploitation (hors immobilisations et actifs financiers) diminués du montant des dettes d'exploitation (hors dettes financières). Autrement dit, aux fonds indéfiniment mobilisés. Ainsi, une entreprise dont le BFR s'élève à 15 % de son chiffre d'affaires requiert un besoin permanent de trésorerie représentant 15 % de son activité uniquement pour assurer la pérennité de son cycle d'exploitation.
Pour les financiers, le BFR correspond au décalage dans le temps de la transformation du résultat en cash. Ainsi, plus le niveau de BFR est faible (ou bien plus sa rotation est forte), plus le dégagement de liquidités est important dès lors que les marges sont positives.
En règle générale, le BFR est financé par des moyens à court terme : d'après l'enquête d'Ernst & Young(1), la majorité des entreprises le font par le découvert bancaire ou découvert en compte courant groupe. Les principaux préfinancements utilisés portent sur le poste clients avec la cession Dailly ou l'affacturage. Les préfinancements de stocks ou factoring fournisseur restant peu utilisés.
Pour commencer, l'entreprise doit donc s'interroger sur le montant et le niveau de son BFR, en se posant quelques questions de base.
Ainsi, pourquoi une entreprise qui veut développer une activité dans un pays du sud de l'Europe doit-elle financer davantage son activité que dans un pays du nord de l'Europe ? Réponse : parce que tout dépend des habitudes culturelles de chaque pays : dans les pays du Nord, les clients paient rapidement leurs fournisseurs ; dans les pays du Sud, les fournisseurs doivent accorder des délais de paiement importants à leurs clients. Morale de l'histoire : cette différence culturelle rend utopique la volonté d'appliquer une règle uniforme quelles que soient les zones géographiques où s'exerce l'activité.
Autre question de base : pourquoi une entreprise fournisseur principal d'un client devra-t-elle financer un BFR moins élevé que si elle se trouvait dans une situation de concurrence exacerbée ? La réponse trouve sa source dans l'expression du rapport de force client-fournisseur qui donne à ce dernier une marge plus ou moins importante de négociation des délais contractuels de règlement des factures.
Ces deux questions-réponses montrent que la notion de « standard » ou de « norme » est toute relative. Dans la mesure où l'activité est exercée dans un univers économique de type libéral, ce « standard » dépend essentiellement de la négociation. Même s'il existe en France des exceptions à ce principe comme le Code des marchés publics, qui fixe le délai maximum de paiement à 45 jours (50 pour le secteur de la santé), et quelques secteurs dont les délais de paiement sont réglementés (produits frais, transports, chargeurs...).
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