Les retraités y affluent. Les entreprises françaises aussi, attirées par un pays engagé dans un processus d'ouverture économique.
Même la doyenne des pâtisseries parisiennes n'a pas résisté. Le groupe de restauration Dalloyau a annoncé l'ouverture de trois établissements à Casablanca, Rabat et Marrakech. Une preuve de plus que le Maroc attire les entreprises françaises comme un aimant. Il y en aurait environ 500 dans ce pays sans compter les petites structures individuelles. Et la vague n'est sans doute pas près de se calmer, le royaume chérifien apparaissant de plus en plus comme un endroit « où il fait bon investir ».
Il est vrai que, depuis quelques années, les autorités locales jouent la carte de l'ouverture économique et des réformes. Depuis 2004, des accords de libre-échange ont été conclus avec les États-Unis et l'Union européenne, facilitant la circulation des marchandises et le commerce. Tandis que le régime tend à se démocratiser (loi sur les partis politiques, nouveau code de la famille), l'inflation semble maîtrisée et la monnaie stabilisée. Certes, la pauvreté de masse touche encore les zones rurales et le chômage sévit dans les grandes villes (18 %). Mais le gouvernement a lancé d'ambitieux plans de développement économique censés concentrer les investissements vers les secteurs clés (tourisme, offshoring, sous-traitance aéronautique, agroalimentaire...).
Et les lenteurs de l'administration marocaine qui décourageraient encore les plus patients des entrepreneurs ? En la matière aussi, des progrès semblent avoir été accomplis... même si on est encore loin des délais européens. Symbole de cette volonté de modernisation, les nouveaux Centres régionaux d'investissement (CRI) présents dans les principales villes marocaines. Grâce aux CRI, sorte de « guichets uniques » calqués sur les Centres de formalités des entreprises (CFE) en France, les procédures de création sont allégées. Dix jours maximum seraient nécessaires pour créer juridiquement son entreprise au Maroc.
Par ailleurs, des réformes récentes ont modernisé l'environnement juridique et fiscal, ce qui devrait faciliter et sécuriser les investissements étrangers. Autre avantage : le droit des sociétés marocain et français est très proche. « Mais cela ne doit surtout pas vous dispenser de vous faire conseiller par des structures d'accompagnement, comme la Chambre française de commerce au Maroc », insiste Christian Arnoux, le codirigeant de MDV, une entreprise stéphanoise de mécanique de précision, spécialisée dans l'aéronautique. Sa filiale marocaine a démarré en début d'année à Casablanca.
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