Le grand avantage du e-mailing ? Son prix. Si vous confiez l'ensemble d'une campagne à un prestataire (location du fichier, création et envoi du mail), "
votre budget sera de l'ordre de 15 000 euros pour 100 000 adresses en moyenne ", estime Bruno Vannod, directeur général de la régie publicitaire Advertising.com. Comparé au courrier, vous ne payez aucun frais d'impression ou d'expédition. Le coût par contact est donc très compétitif. Ensuite, c'est un média qui permet de s'adresser uniquement à des clients potentiels avec peu de déperdition. Le e-mailing est aussi très réactif : "
On est aujourd'hui capable de monter des campagnes en 10 jours, explique Franck Farrugia.
Et en quelques heures, d'envoyer des centaines de milliers d'e-mail ", quand, par voie postale, il faudra plusieurs jours pour toucher le même nombre d'adresses. Enfin, les retombées du e-mailing sont mesurables : "
On peut connaître le pourcentage de messages lus, celui des contacts qui sont allés sur un site ou qui ont visualisé une vidéo... La traçabilité est totale ", affirme Bruno Vannod. Mais attention quand même à la saturation des destinataires. Aujourd'hui, les internautes reçoivent de plus en plus de messages. Inutile donc de les bombarder de mails. Un harcèlement serait contre-productif. Et il faut savoir que les adresses les moins sollicitées sont les plus réactives !
Franck Farrugia, cofondateur de Media Track
Première règle à étudier en amont, ma base d'adresses doit être en affinité avec mon offre et mon produit. Proposer un essai automobile à des gens qui n'ont pas le permis, ça ne marchera pas... Le choix du jour, de la date et de l'heure peut aussi influer sur les résultats. Mais ce qui va être capital, c'est l'objet du mail. Il va déterminer le taux d'ouverture et donc l'efficacité de la campagne.
L'objet doit être accrocheur mais aussi en cohérence avec la cible et le produit ou le service. Si je reprends l'exemple de l'essai auto, promettre une somme d'argent dans l'objet n'a aucun intérêt. Plus l'objet sera précis et en affinité avec la cible que je vise, plus le message sera efficace. Pour améliorer encore l'efficacité, on pourra tester et évaluer un ou deux objets différents sur 5 à 10 % des adresses. On peut toujours trouver mieux ! Parfois, il suffit de changer un mot pour booster le taux d'ouverture.
Pas d'e-mail commercial sans accord préalable
on ne peut pas faire n'importe quoi avec des adresses électroniques. La loi sur la confiance dans l'économie numérique, de juin 2004, oblige les professionnels du marketing direct à toucher les particuliers par l'envoi d'e-mail en mode " opt-in ". Autrement dit, on ne peut utiliser une adresse de courrier électronique qu'à condition d'avoir obtenu préalablement le consentement de l'internaute titulaire de l'adresse. L'objectif du législateur : limiter les spams, ces mails pourris non sollicités.
L'entreprise a aussi l'obligation d'indiquer ses coordonnées pour que le destinataire ait la possibilité de faire cesser la prospection de manière simple et rapide à chaque fois qu'un mail commercial lui est adressé.
" L'opt-out " est en revanche possible pour toute campagne déclenchée vers une entreprise ou une administration. Pas besoin donc d'un accord préalable si le message est envoyé à une personne au titre de la fonction qu'elle exerce dans un organisme privé ou public.
Ainsi, le mail annonçant la sortie d'un nouveau véhicule professionnel peut en principe être envoyé à un directeur logistique sans son accord préalable..., mais pas un message lui proposant une location de vacances.
Pour aller plus loin
renseignez-vous auprès des CCI qui organisent parfois des formations au e-mailing ou au marketing direct. Des sociétés de formation organisent également des sessions consacrées au marketing sur le Web. C'est le cas de Gotosoftware, l'éditeur de logiciels d'e-mailing Sarbacane, qui propose des formations à Paris ou sur site (de 750 à 1 000 euros HT la journée).
" L'e-mail marketing : concevoir et lancer une campagne de marketing direct via le mail ",de Y. Claeyssen, Éd. Dunod, 2005, 225 p., 26,50 euros.