Clarelia : une TPE qui régale les allergiques
S’attaquer au marché de l’agroalimentaire, à la grande distribution tout en évoluant dans le domaine de la santé : un triple pari audacieux certes, mais en passe d’être gagné pour une créatrice d’entreprise qui ne manque pas de volonté. Découverte.
Par Valérie Talmon, le 29/04/2009
Les allergies alimentaires semblent de plus en plus présentes dans les assiettes et dans les esprits. Quand manger devient un casse-tête, il n'existe malheureusement que peu de solutions, hormis celle de scruter les étiquettes et de cuisiner soi-même.
Forte de ce constat, Éliane Courties s'est lancée en 2002 dans un pari un peu fou : créer une gamme de plats préparés spécialement conçus pour les allergiques alimentaires.
« J'avais une formation d'ingénieur agricole. Après avoir travaillé 10 ans en tant qu'ingénieur puis comme consultante, j'ai été confrontée aux problèmes des allergies alimentaires. Je fais des réactions aux protéines de lait. Ma fille, elle, est allergique à l'œuf. » Et c'est dans les rayons de supermarchés, dans la peau d'une consommatrice, qu'Éliane Courties réalise une étude de marché grandeur réelle : « Il n'existait rien pour les allergiques. À part cuisiner à partir de produits bruts, l'offre était plus que réduite. »
En regard de ce constat, les chiffres parlent d'eux-mêmes : environ 3 % de la population française serait victime d'allergies alimentaires (contre 1 % en 1970). Un chiffre qui atteint même les 6 % pour les enfants scolarisés. En outre, le nombre de cas d'allergies sévères a tendance à augmenter. En Angleterre par exemple, les chocs anaphylactiques ont progressé de 700 % en 17 ans. Un chiffre en augmentation constante ? « Oui, mais il faut aussi reconnaître que le diagnostic en la matière s'est fortement amélioré », souligne Éliane Courties.
Son idée ? Proposer une gamme de repas spécifiquement conçus pour les allergiques. « Je me suis lancée dans l'aventure Clarelia en 2002. Il a fallu 2 ans de recherche et développement pour aboutir à une offre adaptée. En 2004, nous avions une gamme permettant de proposer des menus différents sur 3 semaines, important pour assurer une variété suffisante des repas à l'école." natama
Pour cette phase de R&D, Clarelia été soutenue par Oséo (85 000 euros), notamment avec une aide financière pour recruter un ingénieur R&D. Éliane Courties s'appuie également sur des aides régionales, de grandes écoles comme Polytech et Sup Agro. Un pédiatre allergologue, le docteur Fabienne Rancé, Pédiatre à Hôpital des Enfants Pneumologie-Allergologie au CHU de Toulouse, travaille également en étroite collaboration avec l'équipe afin par exemple de valider la liste des ingrédients utilisés. Tous les produits sont par ailleurs recommandés par l'Afpral, Association Française pour la Prévention des Allergies.
Pour positionner efficacement son offre, Éliane Courties décide de cibler la restauration collective (scolaire et milieu hospitalier). En effet, les problèmes sont accrus dès lors qu'il s'agit de prendre ses repas à l'extérieur.
Sous le nom de Natâma, la gamme de plateau-repas s'étoffe : l'entreprise montpelliéraine a banni une soixantaine d'aliments (gluten, œufs, arachides…) de ses recettes ! Et le résultat est convaincant. Les repas, invariablement constitués d'une entrée, d'un plat principal et d'un dessert, sont variés, sécurisés, et couvrent tous les besoins nutritionnels quotidiens.
Détail qui a son importance : les produits Natâma ne sont pas déclinés en différentes gammes « sans gluten », « sans lait de vache »… : « Nous avons conçus dès le départ des produits accessibles à 90 % de la population allergique en supprimant tous les produits les plus allergènes. » Simplicité pour le consommateur tout autant que pour l'entreprise.








