Amoès : l’énergie positive du bâtiment
Prenez 4 Centraliens. Ajoutez-y un zest de Grenelle de l’Environnement, une bonne dose d’énergie positive, secouez. Vous obtiendrez Amoès, une jeune société prometteuse qui surfe sur la vague « bâtiments verts ».
Par Valérie Talmon, le 11/08/2008
Moyenne d’âge : 25 ans. Niveau d’études : école Centrale. Avec un tel profil, David, Rémi, François, et Damien auraient "tout simplement" pu trouver une place confortable dans une grande entreprise, avec une rémunération en rapport… Mais c’était sans compter deux particularités les rassemblant : une envie d’entreprendre, et un intérêt commun pour les questions liées à l’environnement. Ces deux particularités les ont conduit à créer, en 2007, Amoès, une entreprise de conseils et maîtrise d’œuvre contribuant au développement de bâtiments à énergie positive. Quesako ? Des bâtiments qui consomment à la fois peu d’énergie et qui sont équipés d'appareils produisant de l’énergie « verte ».
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Avec beaucoup de méthode, les 4 jeunes se rapprochent du CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment). Leur idée est en effet de créer une entreprise, mais tout en ayant parfaitement préparé le terrain afin d’apporter une innovation réelle. « Deux d’entre nous ont effectué un stage de 6 mois au CSTB. Cela nous a permis d’affiner notre idée, de réaliser un benchmark technologique. » C’est au cours de ce stage qu'ils découvrent une technique qui a fait ses preuves à l’étranger mais qui n’était pas encore développée en France : la micro-cogénération à bois, sorte de chaudière produisant l’électricité utile (en totalité ou en partie) au bâtiment.
« En parallèle, notre priorité, c’était de travailler sur la baisse de la consommation énergétique des bâtiments. Nous avons été voir le spécialiste de ce domaine en France, qui nous a formé et avec qui nous avons noué un partenariat. »
Leur idée ? Micro-cogénération+ baisse de la consommation d’énergie = bâtiment à énergie positive. Une équation durable sur laquelle ils misent.
L'idée affinée, les compécences acquises, Amoès verra le jour en avril 2007. Pour ce faire, les quatres jeunes chefs d'entreprise ont rassemblé 40 000 euros de fonds propres, et contracté un prêt d’honneur de 60 000 euros. Sans avoir omis de mettre à nouveau toutes les chances de leurs côtés en multipliant les prix remportés aux concours à l'innovaton et à la création. " Durant la première année, nous avons participé à de nombreux concours, ce qui nous a permi de rassembler 50 000 euros supplémentaires afin de nous constituer un compte courant d’associé solide. Outre l’aspect financier, participer à des concours a été très formateur, souligne Damien. Cela nous a permis de modifier notre projet, de le faire murir, de recevoir de nombreux conseils de personnes expériementées. "
Aujourd'hui, Amoès travaille comme bureau d’études pour les collectivités locales, les maîtres d’ouvrage, les architectes. « Nous nous consacrons en parallèle au développement d’un produit destiné aux particuliers, une chaudière à bois innovante, poursuit Damien. Nous en sommes au stade du prototype mais avons déjà déposé des brevets. »
Un marché en pleine émergence
Si Amoès surfe sur la vague du développement durable, cela ne se fait pourtant pas sans difficulté, comme l’explique Damien Lambert. « Notre chance : l’effet Grenelle. C’est un hasard car, après plus d’un an de travail, notre société a vu le jour juste quelques mois avant le Grenelle. Ensuite, tout s'est enchaîné très vite, notamment pour trouver nos clients. Alors que nous nous basions sur CA prévisionnel de 40 000 euros pour nos 6 premiers mois, nous avons réalisé 100 000 euros de CA. » En 2008 , celui-ci devrait atteindre 250 000 euros pour 8 salariés.
Mais, au pays "vert' du développement durable, tout n'est pas rose : « Le Grenelle de l’Environnement a beaucoup fait pour la prise de conscience. Mais il ne va pas assez loin car il ne concerne que le neuf, déplore Damien. Pour l’ancien, il n’existe pas d’objectifs chiffrés. »
Le chemin a parcourir pour les professionnels du secteur est donc encore long. : " Le rôle des industriels est capital. Le problème, en terme de consommation énergétique des bâtiments, ce n’est pas tant le chauffage que la surchauffe estivale (climatisation, appareil en état de veille, etc…) De gros efforts doivent être fournis dans ce domaine. En outre, au niveau des artisans, il existe un gros manque de formation sur ces questions. Enfin, notre métier de maître d'œuvre est très délicat, car dans ce domaine, du fait de la garantie décennale, les taux d’assurance sont très élevés pour une jeune entreprise. Par exemple, si nous installons un chauffage dans un immeuble, mais qu’un des locataires ne veut pas faire poser de double vitrage, au lieu de 19 °, il fera 14 ° dans son appartement en hiver. Et il pourra nous attaquer pourra voir mal dimensionné la chaudière ! Le marché est porteur, mais , très clairement, les dépenses en matière énergétique ne se font en général que lorsqu'il y a contrainte. Il faut en priorité que les pouvoirs publics légifèrent pour réglementer le secteur de la rénovation de l’ancien."
En attendant, les quatre jeunes entrepreneurs n'économiseront pas leur énergie pour défricher ce marché.
Amoès : le site de l'entreprise
Le blog d'Amoès
Énergiepositive.info : site ocnsacré à la diffusion d'information sur les bâtiments à énergie positive
Le site du CSTB : pour tout savoir des dernières innovations, des aides et de l'actualité du bâtiment








