Énergies renouvelables : un marché de 33 milliards d'euros
Pour la première fois, une étude détaillée fait le point sur le très convoité marché de la maîtrise de l'énergie et des énergies renouvelables. Professionnels du bâtiment, artisans ou créateurs tentés par le secteur, cap sur un marché de poids !
Par Valérie Talmon, le 07/08/2008
Gisement de croissance et d’emploi, action salvatrice pour la planète… : le développement durable est sur toutes les lèvres. Avec lui, la maîtrise de l’énergie et les énergies renouvelables font figure de créneau tendance. Mais qu’en est-il vraiment ? Pour la première fois, l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) vient de se pencher sur la question. Elle a livré en juillet dernier un état des lieux complet, traitant à la fois de l’emploi et de l’économie des principales activités liées à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables.
Loin des extrapolations plus ou moins sérieuses, cette étude met à jour les véritables données de ce marché qui se révèle porteur mais avec d’importantes disparités.
Premier enseignement : le secteur des énergies renouvelables représente déjà 220 000 emplois en France et a généré 33 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2007, soit une croissance de 17 % par apport à 2006.
Ce marché apparaît essentiellement porté par le créneau de l’amélioration de l’efficacité énergétique des transports et du résidentiel, qui, avec 24 milliards d’euros, représente 70 % du marché.
Les énergies renouvelables « pèsent » 9,4 milliards d’euros, réparties sur 3 filières principales : les équipements de chauffage à bois (2 milliards d’euros), les éoliennes (1,7 milliard), la vente du bio-carburant (1,5 milliard).
Le secteur des bio-carburants vous semble difficilement accessible ? Effectivement ! Reste que 57 % du marché est occupé par la demande de travaux, d’équipements et de fournitures des ménages (isolation, vente de système de chauffage, etc…) Un créneau particulièrement porteur donc pour les professionnels du BTP, artisans ou revendeurs d’équipements à faible impact sur l’environnement.
Dans le domaine des énergies renouvelables, attention à l’emballement : les filières mettant en œuvre des solutions de chauffage domestique (biomasse, solaire thermique et pompes à chaleur) ne progressent que de 2%. En effet, l’Ademe a enregistré une baisse des ventes d’appareils de chauffage au bois. De même, les système de chauffage via le solaire thermique ont certes progressé en 2007, mais de manière plus faible que les années précédentes. Seules les pompes à chaleur enregistrent une belle croissance. Mêmes très bons résultats pour le solaire photovoltaïque en forte hausse avec 430 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2007.
De leurs côtés, les produits permettant de réaliser des économies d’énergies ont toujours la cote, avec une progression de 9 % entre 2006 et 2007. Ainsi, les ventes d’équipements (chaudières à condensation, électroménager de classe A +…) ont augmenté de 14 %.
L’Ademe s’est également penchée sur les perspectives d’évolution de ce marché. Sur la base des objectifs tracés par le Grenelle de l’Environnement et des dernières tendances, la croissance globale annuelle moyenne devrait atteindre 21 % par an d’ici 2012.
Le secteur des équipements pour la production d’énergies renouvelables connaîtrait une hausse de 22 % par an.
Appareils de chauffage au bois, éolien, photovoltaïque et pompes à chaleur devraient respectivement dépasser les 2 milliards d’euros de chiffres d’affaires.
Le marché de l’efficacité énergétique dans le secteur résidentiel ancien augmenterait quant à lui de 19 % par an d’ici 2012. En effet, les dépenses annuelles moyenne consacrées aux travaux devraient atteindre 14,9 milliards d’euros. À ces dépenses s’ajouteraient les sommes consacrés à l’achat d’équipements de chauffage type pompes à chaleur, solaire thermique, chauffage aux bois, soit 28 milliards d’euros au total.
Outre la prise de conscience de la nécessité d’agir pour l’environnement, la croissance des prix des énergies fossiles explique la développement du marché des énergies renouvelables. Cependant, les professionnels du secteur devront tenir compte d’un frein non négligeable : celui du surcoût de ces différents équipements pour les ménages, ménages dont la préoccupation face à la baisse de leur pouvoir d’achat ne cesse elle aussi de croître.
Pour que les perspectives de croissance se réalisent, les prix devront donc baisser. Le rôle des pouvoir publics (solutions de financement, incitations diverses…) est ici un facteur déterminant.
Réduction des dépenses énergétiques et réglementations sur la construction de logements neufs ne suffiront pas à changer la donne en matière de lutte contre le réchauffement climatique. C’est pourquoi c’est le créneau de l’ancien qui est en ligne de mire. Une nouvelle réglementation, entrée en vigueur fin 2007, encadre les travaux de réhabilitation.
Cette réglementation fixe des niveaux de performances minimales pour tous les équipements remplacés ou installés (fenêtres, isolation thermique, équipements énergétiques, systèmes de chauffage, de ventilation, de refroidissement, de production d'eau chaude, d'éclairage). De nouvelles règles qui bouleversent l’organisation des professionnels. Ceux qui se formeront très tôt seront les grands gagnants !
Le marché de la rénovation du parc résidentiel existant a en effet de quoi susciter bien des convoitises : avec 18 millions de maisons individuelles et 13 millions de logements collectifs, ce marché est évalué à 600 milliards d’euros.
Pour faire face à ce développement, la Capeb (Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment) a créé cette année le label"éco-artisans" . "Avec la marque Éco-Artians, nous porposons aux entreprises du bâtiment les outils (logo, formation, etc) permettant de répondre aux objectifs fixés par le Grenelle et d'être en phase avec les attentes des consommateurs", souligneJean Lardin, président de la Capeb. Cette dernnère milite par ailleurs pour un certains nombre de mesures :
- la pérennisation de la TVA à 5,5 %,
- le renforcement des crédits d’impôt pour porter sur la main-d’œuvre et les produits et matériaux,
- la mise en place d'un prêt à taux zéro, dit "prêt vert",
- un plan de recherche et de développement sur les produits et techniques innovantes pour le patrimoine ancien.








