1997. L'amiante est interdite en France. Toute une législation destinée à l'éradiquer est alors mise en place pour protéger la population et les travailleurs. Mais le travail est énorme car tous les bâtiments édifiés au cours des Trente Glorieuses ont été construits avec des matériaux contenant de l'amiante. Résultat, huit ans après, et comme l'explique Bernard Peyrat, président du Syndicat du retrait et du traitement de l'amiante (Syrta) : "Le marché du désamiantage technique connaît un développement significatif." Le chiffre d'affaires de la profession progresse d'ailleurs de 8 à 10 % par an, et les grosses entreprises du secteur sont tellement surchargées qu'elles ont du mal à répondre à la demande. Une double aubaine pour les petits entrepreneurs qui peuvent profiter de cette croissance et de ce surplus de travail !
Les prétendants à la création d'une entreprise sur ce secteur ont le choix entre deux activités : le diagnostic et l'intervention de désamiantage proprement dite. Dans le premier cas, l'activité consiste à établir un Dossier technique amiante (DTA) qui détermine avec une précision scientifique où se trouve l'amiante. Ce DTA est utilisé ensuite par l'entreprise de désamiantage. On peut créer une petite entreprise de dépistage seul, car l'investissement est limité : un moyen de locomotion, une formation (un peu moins de 1 000 euros) et du matériel destiné à se protéger et à procéder à l'échantillonnage (environ 1 000 euros). Pour monter une entreprise de désamiantage, l'investissement est en revanche bien plus important. Un minimum de 75 000 euros permet d'acquérir les différents matériels de protection nécessaires aux ouvriers, les appareils de mesure, etc. Attention : pour exercer, il est indispensable d'obtenir une certification auprès de l'un des deux organismes agréés (Afnor-Afaq et Qualibat). Cette garantie est parfois difficile à obtenir : "
J'ai mis un an avant d'obtenir ma certification", précise par exemple Rémy Chateaux, fondateur de la société de désamiantage AFT, qui compte 20 salariés. Sur ce marché, il est indispensable d'employer au moins deux salariés qualifiés à temps complet. C'est un minimum, même pour le plus petit des chantiers. Les interventions chez les particuliers sont en effet monnaie courante et, petite astuce pour trouver ces chantiers, il ne faut pas hésiter à s'adresser aux agences immobilières et aux notaires.
Pour en savoir plus
Une législation draconienne encadre ce marché. Depuis 1996, la certification auprès de l'Afnor-Afaq ou Qualibat est obligatoire pour exercer. L'entreprise de désamiantage doit être propriétaire de son matériel et l'entretenir régulièrement. Il est obligatoire d'embaucher les ouvriers (âgés au minimum de 18 ans) en CDI. L'intérim est interdit. La profession du diagnostic est moins réglementée mais une prochaine législation pourrait obliger les entreprises de ce secteur à réaliser toutes les autres recherches rendues obligatoires par la loi SRU (amiante, plomb, termites, etc.). Il est interdit d'exercer les deux activités (diagnostic et désamiantage) à la fois.
Le diagnostiqueur doit avoir un certificat de compétence spécifique amiante. La spécialisation de désamiantage s'acquiert dans des centres agréés par un stage de deux semaines. Pour obtenir la liste des centres de formation agréés, contactez la Carf au 01 44 61 35 00.
Amiante friable - NF X46-010 - Qualification des entreprises réalisant des travaux de traitement de l'amiante friable. 50,35 euros.