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Jeux vidéo, un univers à conquérir

C'est le moment de profiter de l'engouement suscité par les jeux vidéo. Ce secteur draine de nombreuses activités satellites, abordables.

Par Bruno Askenazi, le 01/12/2005

Quel est, ces derniers mois, le produit "culturel" qui a généré en France le plus gros chiffre d'affaires ? Réponse : c'est Gran Turismo 4, un jeu vidéo de simulation de conduite. Il caracole en tête des ventes, devançant même le best-seller mondial Da Vinci Code ! Une anecdote ? Non, mais la preuve que le jeu vidéo se porte à merveille et qu'il suit le rythme d'un marché mondial en progression de 10 % par an. Cette croissance exponentielle suscite quantité de vocations. "Nombreux sont ceux qui cherchent à prendre position autour du jeu vidéo, et il y a encore du potentiel", constate Emmanuel Forsans, directeur de l'Association française pour le jeu vidéo. Si l'édition de titres et la fabrication des consoles sont devenues la chasse gardée de grands groupes (Sony, Nintendo...), il reste encore beaucoup de "niches" à exploiter. Les activités connexes et les produits dérivés sont florissants et à la portée d'entrepreneurs audacieux. Il n'est pas besoin, en effet, de dépenser des millions d'euros pour percer. Il faut "simplement" proposer un produit ou un service sans équivalent. C'est bien ce qu'a réalisé Frédéric Claudel, le président d'Xkpad, en lançant le "Bodypad", un accessoire innovant pour jeux de combat. Des capteurs munis de bande Velcro remplacent la manette habituelle, et le joueur ainsi équipé aux mains, bras et jambes se transforme en véritable combattant virtuel pour donner coups de pied et coups de poing. "On est parti sans aucun apport, avec juste un brevet en poche, raconte le créateur, ancien d'HEC. L'innovation, c'était le seul moyen d'entrer sur le marché pour des indépendants comme nous."

Quelques milliers d'euros pour lancer un site Internet
Sachant que les utilisateurs de console sont le plus souvent des surfeurs du Web, un site Internet sur les jeux vidéo peut constituer un bon investissement. D'autant que la mise de fonds se limite souvent à quelques milliers d'euros. Quand il a monté son site en 2001 avec deux copains, Sébastien Delahaye ne pensait pas en faire un business. Et pourtant, www.nofrag.com retient désormais 35 000 visiteurs par jour... et rapporte de l'argent. Le secret ? Une spécialisation sur les jeux de tir, l'un des segments les plus dynamiques : "Nous avons créé une SARL en 2004 pour pouvoir récupérer les recettes publicitaires, déclare cet étudiant de 23 ans. Pour le moment, cela ne représente qu'environ 25 000 euros par an. Mais en élargissant notre cible d'annonceurs, nous pouvons doubler ce chiffre."
Il est également possible d'ouvrir un commerce de vente de jeux vidéo. Cette éventualité est à la portée d'un indépendant, mais elle est très risquée. Le marché est maintenant entre les mains des grandes chaînes spécialisées (Fnac, Micromania...) et des hypermarchés. Reste la location ! Théoriquement, il faut passer un accord avec chaque éditeur pour louer ses titres, mais cela est difficilement réalisable pour un commerce isolé. Pour convaincre les éditeurs, Stéphane Verbrugghe a trouvé une solution imparable : la location via Internet, qui lui permet d'avoir une couverture nationale. Avec trois associés, il a misé 100 000 euros, mais cela peut rapporter gros. Le site serait déjà rentable malgré la "concurrence" du piratage sur Internet.
Autre créneau apparemment porteur, et peu gourmand en capitaux, celui des salles de jeux en réseau. Elles ont poussé comme des champignons, mais beaucoup ont aussi fermé leurs portes. Rentabiliser ce type d'activité n'est pas évident car la concurrence a tiré les prix vers le bas. Du coup, il est difficile de gagner sa vie avec une installation modeste de 10 machines, par exemple. Ceux qui s'en sortent le mieux gèrent plusieurs petites salles ou passent à la vitesse supérieure. Michael Witrant, un jeune informaticien de Clermont-Ferrand, a déménagé son affaire cette année dans un local plus grand avec une trentaine de postes au lieu de 12. Pari gagné. La fréquentation de son établissement a suivi l'agrandissement. Son conseil pour fidéliser les clients ? "Toujours proposer les dernières versions."

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News 14/03/10