Par Bruno Askenazi, le 26/02/2008
Papier recyclé, colle sans solvant, marqueur rechargeable, agrafeuse sans agrafes..., les fournitures de bureau dites « écolos » séduisent un nombre croissant d'entreprises. De toute évidence, un marché BtoB prometteur est en train de naître. Les raisons d'être optimiste ? Les administrations et collectivités locales commencent à s'emparer de la lutte contre les gaspillages et les fournitures polluantes.
Se donner une image écolo, dans l'air du temps
Côté entreprises, la prise de conscience est moins nette mais certaines s'y intéressent de près. D'abord pour des raisons de coûts. Recharger ses cartouches d'encre est ainsi plus économique que d'acheter de nouveaux accessoires pour sa photocopieuse.
Pour Ecoburo, une PME spécialisée dans les fournitures vertes (3 500 références), l'intérêt grandissant des entreprises ou des collectivités publiques est bien réel : « Au début, nos clients étaient surtout issus de métiers liés à l'écologie, affirme le gérant Didier Le Gars, qui a créé son business en 2005. Maintenant, nous fournissons des associations, des mairies, des conseils généraux ou des entreprises classiques. Leurs commandes, assez modiques, ont tendance à augmenter. » Ecoburo devrait ouvrir un site marchand au printemps 2008. Sur internet, Un Bureau sur la Terre y est déjà : « Avec plus de 1 000 clients sur les quatre derniers mois, dont 80 % de PME, précise Olivier Demaegdt, 29 ans, l'un des fondateurs de cette start-up BtoB lancée début 2006 près d'Angers. Nous préférons viser les petites entreprises car face à des structures qui nous commanderaient de gros volumes, nous n'avons pas les moyens de faire des remises de - 30 % ! »
Des freins qui devraient tomber
Les fournitures vertes, une mode sans lendemain ? Pas si l'on suit les traces des marchés allemand, suisse ou scandinave « où choisir les produits les plus favorables à l'environnement est devenu un réflexe pour les entreprises », assure Didier Le Gars. L'un des freins possibles serait plutôt les prix de ces fournitures, supposés plus élevés que la moyenne. Un argument pas si évident, selon Olivier Demaegdt : « Évidemment, nous serons toujours plus chers qu'un papier vendu en promo par un fournisseur traditionnel. Mais par rapport au papier haut de gamme, nous sommes mieux placés. » Ainsi, pour Olivier Demaegdt, l'avenir du business est assuré : « Aujourd'hui, il y a une prise de conscience du public et des entreprises. » Sa seule crainte : que ceux qui se servent de cette attente pour faire de l'esbroufe marketing finissent par tuer le mouvement.