Services informatiques : misez sur Internet
Vente de sites web, formation, e-publicité : les franchiseurs ont investi le marché de la communication électronique. Le secteur est porteur, mais les enseignes sont trop jeunes pour avoir fait leurs preuves.
Par Gérard Delteil, le 01/11/2005
Près de 500 agences spécialisées et graphistes indépendants se sont donc lancés sur ce créneau, et quelques-unes de ces agences ont donné naissance à des franchises. "Leur présence est encore balbutiante sur ce marché, reconnaît Claude Poux, qui a lancé son réseau en mai 2005 sous l'enseigne de Mister Harry. La plupart n'emploient pas de méthodes très rigoureuses. Nous entendons donc nous imposer en proposant des sites bien adaptés aux besoins de notre clientèle de PME et de très petites entreprises. Si notre franchise est jeune, notre agence a fait ses preuves depuis 1998." Claude Poux, qui emploie quatre salariés à Tournus, en Bourgogne, espère recruter une trentaine de partenaires d'ici trois à cinq ans, pour couvrir le territoire national. Comme dans la plupart des enseignes, leur mission ne sera pas de créer eux-mêmes des sites Internet, mais de les vendre. Son ordinateur portable sous le bras, le franchisé devra démarcher les clients, leur présenter quelques sites modèles et les convaincre de faire appel à Mister Harry pour réaliser le leur.
On peut donc démarrer à domicile avec un investissement relativement modeste, comme l'a fait Pascal Monier, franchisé de NTIC Services, une enseigne qui commercialise par ailleurs des formules de téléphonie et de gestion des données. Sa particularité est de disposer d'un plateau d'appel et de prospection, qui prend des rendez-vous pour ses franchisés. "90 % de ma clientèle est arrivée par ce biais", souligne Pascal Monier. Selon lui, il ne serait pas nécessaire de posséder de compétences en informatique pour démarrer. Une formation de trois semaines lui a suffi pour pouvoir présenter les produits aux clients. Mais il est vrai que ce franchisé est un mordu d'informatique...
En tout cas, le marché est concurrentiel. En témoigne la récente implantation en France de l'enseigne canadienne WSI, leader mondial de la création de sites Web,qui revendique un millier d'agences dans le monde dont 75 % aux États-Unis. Sa politique commerciale est de casser les prix... en délocalisant la réalisation des sites en Inde et au Pakistan. Ce qui ne va pas sans poser certains problèmes aux franchisés des pays non anglophones : "Les plates-formes techniques de WSI fonctionnent bien, explique Simon Picaud, ex-directeur commercial d'UPS France, qui a ouvert une agence à Nice en 2004. Mais les documents et cahiers des charges doivent être traduits en anglais pour les techniciens. Les économies réalisées sur la construction des sites sont annulées par les frais de traduction, sans parler des problèmes de service après-vente et de mise à jour." Simon Picaud sous-traite donc en partie son travail à des graphistes indépendants, comme d'ailleurs la plupart des agences non franchisées...
Dernier réseau à faire de la création et vente de sites Web, l'enseigne Planète Internet ne dispose pas encore de franchisé sur le sol français. Mais le parcours de son franchiseur, Cédric de Bonnet, semble indiquer que l'on peut réussir sur ce marché. Celui-ci a en effet commencé par tester en France le concept du groupe américain De Winter. Les résultats ont été si convaincants (280 000 euros de chiffre d'affaires en sept mois) qu'il a racheté le concept pour le franchiser sous sa propre enseigne.
Autre réseau spécialisé cette fois sur le créneau de l'aide informatique à domicile, l'enseigne Aide Ordinateur vise la clientèle des seniors, en délicatesse avec leur PC. L'investissement de départ est l'un des moins élevés du secteur, et "cette activité ne demande pas de véritables compétences en informatique", précise Éric Mauband, qui a lancé le concept à Lyon en 2001 et compte déjà une dizaine de franchisés. "La formation que nous dispensons est basique et consiste par exemple à montrer comment envoyer et recevoir des mails." L'investissement de départ est moins élevé que pour les autres enseignes. "Nous ne facturons que la formation à nos partenaires, et ne leur demandons aucunes royalties, car notre objectif est de faire connaître la marque et non de gagner de l'argent sur les agences de nos affiliés." Mais reste à trouver la clientèle...
Sur un créneau encore différent, le réseau One Texto, lancé par l'entrepreneur marseillais Jacob Makhtabi, s'il n'a pas encore trouvé de franchisé, a néanmoins prouvé sa rentabilité dans deux agences depuis 2002.






