Les franchises qui conviennent aux investisseurs « purs » sont relativement rares. Tour d'horizon des quelques secteurs concernés
Par Gérard Delteil, le 17/03/2008
« La plupart des franchiseurs cherchent des partenaires qui ont une vocation de chef d'entreprise, explique Jean Samper, patron du cabinet AC Franchise. Il y a donc peu d'enseignes qui s'adressent à des investisseurs dormants. Pour qu'une affaire marche sans la présence de son propriétaire, il faut soit que sa gestion soit particulièrement simple, soit qu'une équipe de confiance assure cette gestion, ce qui n'a rien d'évident, soit encore que le franchiseur gère lui-même l'unité franchisée avec l'accord du franchisé. » Parmi les concepts dont la gestion est la plus simple, on trouve bien sûr ceux qui fonctionnent pratiquement seuls, comme les stations de lavage automobile, qui ne demandent qu'un entretien régulier. Jean-Pierre Pinchon, déjà propriétaire d'un magasin de matériel agricole, a ainsi décidé d'investir dans une franchise Éléphant Bleu : « Mon entreprise me prend l'essentiel de mon temps, il me fallait donc trouver une activité exigeant peu de présence. L'investissement s'élève à 400 000 euros, mais j'ai presque tout emprunté en crédit-bail, de sorte que mon affaire va s'autofinancer en sept ans, si tout se passe comme prévu. Je passe tous les soirs relever les compteurs et un de mes employés assure un petit entretien. »
Les automates : pas tous adaptés à l'investissement
Contrairement à une idée répandue, les distributeurs de DVD en location conviennent assez mal aux investisseurs : « Gérer un parc de distributeurs automatiques de DVD exige de disposer d'une petite structure, explique un franchisé de Cinébank. Les appareils sont fiables, mais il faut les réapprovisionner et il y a toujours des petits problèmes à régler. C'est parfait pour un commerçant qui possède déjà un magasin de location vidéo, pas pour quelqu'un qui ne souhaite pas s'en occuper. »
En revanche, l'hôtellerie convient bien aux investisseurs car la gestion d'un hôtel bureau sans restauration est extrêmement simple. Le problème est alors d'obtenir un taux de remplissage suffisant pour assurer la rentabilité de l'établissement. Pour cela, un bon réseau peut apporter une partie de la clientèle grâce un système de réservation internationale, des partenariats avec les tour opérateurs. Plusieurs enseignes proposent donc à leurs franchisés-investisseurs de signer « un mandat de gestion » : le franchiseur prend en charge le recrutement et la formation de l'équipe qui tiendra l'hôtel. « Une grande partie de nos franchisés ont recours à cette formule, assure Jean-Michel Fontaine, responsable du développement de la chaîne Akena. Mais bien entendu, nous ne pouvons pas leur garantir un taux de rentabilité précis. » Le système du mandat de gestion peut d'ailleurs poser des problèmes sur le plan juridique : « La société du franchisé perd toute autonomie, explique l'avocat spécialisé Olivier Gast. C'est contraire au principe qui veut que franchisé et franchiseur soient deux entreprises indépendantes. Pourtant, à ma connaissance, les mandats de gestion n'ont pas donné lieu à des litiges. » Sa consoeur Monique Ben Soussen souligne de son côté un autre inconvénient : « Signer un mandat de gestion revient à mettre de l'argent dans une entreprise qu'on ne contrôle pas. Autant investir en Bourse ! »