Crise : 63 % des PME touchées par une baisse de leur CA
Pas de trêve estivale face à la crise : 63 % des PME subissent une baisse de leur chiffre d'affaires, et les tensions avec leurs banques sont toujours prégnantes.
Par Valérie Talmon, le 30/06/2009
Inquiets, mais moins inquiets qu’avant… Selon le deuxième baromètre KPMG/CGPME*, l'inquiétude des patrons de PME à l’égard de la crise est en net recul par rapport au mois de février (-11 points). Cette inquiétude demeure néanmoins élevée (76 %), notamment dans l’industrie (81 %).
Derrière l’inquiétude, la réalité, morose, est là. 63 % des dirigeants affirment subir une baisse de leur chiffre d’affaires (67 % dans l’industrie). En outre, 29 % déclarent être confrontés à des hausses de prix de leurs fournisseurs et 28 % à des problèmes de trésorerie ou de financement. Une cascade de mauvais signaux qui pèsent sur les comptes des entreprises.
Deux PME sur trois ont au moins un besoin de financement, soit pour l’exploitation (citée par 36 % des dirigeants), soit pour leurs investissements (38 %), notamment pour le remplacement ou l’entretien des matériels et locaux et pour l’achat d’équipements.
Face à ces besoins, la situation se tend car les demandes sont loin d’être satisfaites. 64 % des PME ont en effet subi au moins une mesure de durcissement de la part de leur banque du fait de la crise (+5 points par rapport à février 2009), les secteurs du commerce et de la construction étant les plus touchés (68 % dans les deux cas).
Concrètement, les chefs d’entreprise ont ainsi vu les frais grimper en flèche ou obtenu des lignes de crédit plus faibles que prévu (37 %). Les banques demandent par ailleurs davantage de cofinancement et de cautions (37 %). Les délais d’acceptation se trouvent eux aussi allongés (24 %), ce qui peut mettre à mal l’activité des PME. Enfin, depuis février 2009, de plus en plus de PME (24 % des PME soit +6 points) subissent une réduction de leurs crédits et de leurs facilités de trésorerie.
Face à ce durcissement, la réaction des chefs d’entreprise ne s’est pas fait attendre : 42 % restreignent leurs investissements ou revoient leurs demandes à la baisse.
De même, 47 % envisagent de réexaminer leurs placements, leur trésorerie ou leurs lignes de crédit. 47 % se disent également prêts à recourir au médiateur du crédit ou à un tiers de confiance en cas de litige avec la banque.
Une bonne nouvelle tout de même : 53 % des patrons de PME envisagent de faire jouer la concurrence : 53 % et 32 % (+4 points) pensent à changer de banque principale ou à travailler avec plus de banques. Une attitude qui pourrait contribuer à assainir le secteur bancaire.
*Cette étude a été réalisée auprès de 400 dirigeants de PME de 10 à 500 salariés.








