Européennes : pour qui votent les chefs d’entreprise ?
Alors que les sondages fleurissent concernant l’élection européenne, peu s’intéressent aux chefs d’entreprise. Pourtant, leur vote est loin d’être négligeable.
Par Valerie Talmon, le 20/05/2009
Parce que les TPE représentent 97 % des entreprises françaises, la participation des patrons de TPE (soit 2,5 millions de dirigeants) aux élections européennes du 7 juin prochain est à la fois capitale et révélatrice.
L'IFOP a donc lancé, pour le compte de Fiducial, une enquête afin de percevoir les premières intentions de vote des dirigeants de TPE.
Les intentions de vote exprimées par les dirigeants de TPE s'avèrent majoritairement orientées vers l'UMP qui pourrait réunir près de 46 % des suffrages. Ceci devant les listes du Mouvement Démocrate (16 %), celles du Parti Socialiste (11 %) et des Verts (9 %). Le rapport de force politique tournerait à l'avantage de la droite avec 57,5 % des intentions de vote contre 26,5 % pour la gauche et 16 % pour le centre.
Dans un contexte économique morose, le vote des dirigeants de TPE se fera-t-il vote sanction ? Apparemment non : seuls 27 % des interviewés ayant l'intention d'aller voter le 7 juin le feront pour sanctionner Nicolas Sarkozy et le gouvernement de François Fillon, soit un score équivalent à celui mesuré en 2004 à l'encontre du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin (26 %).
Enjeux nationaux ou européens ? 56 % des interviewés déclarent que leur vote aux élections européennes sera essentiellement basé sur des critères européens, soit un résultat inférieur de 5 points à celui de 2004. À l'inverse, 42 % se baseront sur des enjeux nationaux (+5 points), ce score s'élevant jusqu'à 52 % dans le secteur du BTP.
Plus de huit dirigeants de TPE sur dix (82 %, score inchangé depuis décembre 2006) jugent indispensable la construction d'une Europe forte pour peser sur la compétition mondiale.
Malgré cela, les apports de l'Union européenne apparaissent particulièrement contrastés, voire très nettement défavorables au processus. Ainsi, moins de quatre dirigeants de TPE sur dix estiment que l'UE a permis à la France de résister à la crise économique (37 %) et de renforcer son économie (35 %, en progression de 6 points par rapport à 2006). Surtout, seul un cinquième des interviewés juge que l'UE a permis à la France de préserver ses emplois et de protéger ses entreprises de la mondialisation.
Pour 88 % des patrons de TPE, « Europe forte » signifie une Europe capable de protéger efficacement ses entreprises de la concurrence mondiale.
Dans ce contexte, les dirigeants de TPE semblent se tourner vers une Europe au plus près de leurs intérêts. Ainsi, ils approuvent d'éventuels accords entre des pays ayant environ les mêmes niveaux de protection sociale (68 %), un même niveau économique (67 %) ou qui partagent les mêmes idées de développement (64 %). Une Europe à 2 vitesses pour les uns, une Europe efficace car plus adaptée aux spécificités nationales pour les autres.








