Gel des salaires : 82 % des dirigeants l'envisagent pour 2009
Face au contexte de crise, la majorité des dirigeants de PME envisagent des mesures de gels des salaires. Mais les réponses sont plus nuancées face à la question des augmentations individuelles. Un vrai casse-tête de manager !
Par Valérie Talmon, le 24/03/2009
Dans un contexte de crise, la plupart des entreprises ont du mettre en place des mesures d'économie. Gel des investissements, mais aussi des salaires sont les mesures les plus fréquentes.
Une enquête menée par SVP auprès de 721 dirigeants de PME-PMI fait le point sur ces politiques de rémunération.
Ainsi, 82 % des dirigeants envisagent de geler ou limiter les augmentations en 2009.
En revanche, les résultats sont bien différents lorsque la question des rémunérations est posée sans référence à la crise. Dans ce cas, 38 % des personnes interrogées projettent de réaliser des augmentations collectives en 2009 et 48,96 % ne l'envisagent pas (13,04 % ne se prononcent pas). Sur la question des augmentations individuelles, les décideurs envisagent majoritairement d'y recourir pour 80 %d'entre eux. Preuve qu'un « gel des salaires » global semble une stratégie de management difficile à tenir.
Par ailleurs, sur l'ensemble des sondés, 33 % projettent une augmentation de leur masse salariale, 33 % une diminution et 28,5 % une stabilité (5,5% ne se prononcent pas). Cependant, ces chiffres varient en fonction des secteurs d'activités : les dirigeants du secteur de l'industrie (40,38 %) prévoient une diminution de leurs effectifs ; ceux du secteur du commerce (39,05 %) se prononcent majoritairement sur une stabilité de leurs effectifs en 2009 ; et ceux du secteur des services sont plus optimistes puisque 38,82 % pensent augmenter leur masse salariale en 2009.
Dernier point : 73,4 % des dirigeants ne prévoient pas de rémunération complémentaire en 2009 au titre de l'épargne salariale et ce même si les résultats de l'entreprise sont constants.
Dans ce contexte, face à la proposition de Nicolas Sarkozy de partager les bénéficies en trois tiers (à répartir entre les actionnaires, les salariés et l'entreprise), 61,2 % des dirigeants pensent qu'il s'agit d'une mesure utile pour soutenir la consommation et 63 % la trouvent juste et équitable. Un plébiscite ? Pas vraiment, puisque près de la moitié des dirigeants trouvent cette mesure irréaliste ! Selon eux, elle irait à l'encontre de la vocation d'une entreprise à se développer et donc à préserver ses capacités d'investissements.
Interrogés sur une possible augmentation de la rémunération des salariés au cours de l'année 2009 au titre des dispositifs d'épargne salariale (participation, intéressement…), les dirigeants répondent majoritairement (73,4 %) qu'elle n'est pas envisagée même si les résultats de l'entreprise sont constants. Seuls 11,5 % des sondés la prévoit et 15,1% ne se prononcent pas.
Ces chiffres peuvent paraître surprenants au regard de la loi du 3 décembre 2008 en faveur des revenus du travail * (dispositif d'intéressement revalorisé, régime de participation libéralisé, prime exceptionnelle plafonnée…) pour soutenir le pouvoir d'achat. Mais ils semblent représentatifs du véritable casse-tête des dirigeants : face à la crise, comment réduire les coûts tout en préservant son activité et donc sa force de travail ?








