Je construis mon business-plan
Le business plan, c'est un peu le CV de l'entreprise. Ce document présente le projet mais démontre également sa viabilité financière. Un outil indispensable.
Par Thibault Bertrand, Anne-Claire Ordas, Stéphane Régy, Valérie Froger et Ann-Karen Bartoszewski, le 01/02/2006
Même s'il n'existe pas de modèle type, un bon business plan doit respecter quelques grandes règles de présentation. Le document ne doit pas dépasser les trente pages. Toutes les pièces justificatives ou complémentaires (photos, articles, prototypes...) doivent être regroupées en annexes. Pour faciliter la lecture, il est également recommandé de faire un mini-sommaire et de commencer par une présentation synthétique du projet, de deux pages maximum.
Outre ces premières pages introductives, le business plan est composé de deux parties : une partie technique et une partie financière.
www.plan-affaires.net : à partir de données envoyées en ligne, ce site réalise un business plan sous 48 heures et gratuitement.
www.business-plan-capalpha.com : sur ce site, le créateur peut télécharger gratuitement un logiciel d'aide à la rédaction d'un business plan.
1- Le plan de financement initial
Ce tableau présente d'un côté les besoins de financement, de l'autre le montant des ressources. Si les ressources sont plus faibles que les besoins, il faudra trouver des capitaux supplémentaires pour équilibrer le plan.
À quoi ça sert ?
À chiffrer le projet dès sa phase de démarrage.
Comment on le remplit ?
À gauche :
?Les frais d'établissement : ce sont les frais pour constituer l'entreprise (frais d'immatriculation, honoraires de conseil...).
?Les immobilisations incorporelles comprennent les dépenses juridiques et administratives (dépôt de brevets, annonces légales...), les dépenses liées au local (loyers d'avance, honoraires d'agence, droit au bail...), les dépenses publicitaires (plaquette commerciale...).
?Les immobilisations corporelles correspondent aux investissements matériels. On y répertorie les machines, le matériel informatique, le mobilier, les véhicules, les frais d'agencement...
?Le besoin en fonds de roulement (BFR) : il permet de financer les premiers mois d'activité. Il se calcule séparément (voir en haut à droite).
À droite :
Les ressources se divisent en deux catégories :
?internes : apports pour constituer le capital social ;
?externes : emprunts, primes, subventions...
Notre conseil :
Pour équilibrer les deux colonnes, vous pourrez soit jouer sur les besoins, en les minorant, soit intervenir sur les ressources, en les augmentant (prêts d'honneur, concours...).
Le BFR se calcule de la façon suivante :
stocks*
+
créances clients
-
crédit fournisseurs
=
BFR
*valeur des marchandises, produits, matières premières restant dans l'entreprise
2- Le compte de résultat prévisionnel
Ce tableau recense les recettes (produits) et les dépenses (charges) de l'entreprise sur trois ans. La différence entre les deux colonnes permet de s'assurer que l'activité dégage un bénéfice suffisant.
À quoi ça sert ?
À juger de la rentabilité sur les trois premières années.
Comment on le remplit ?
Les produits :
Cette partie recense les recettes de l'entreprise, c'est-à-dire son chiffre d'affaires. Vous le calculerez en tenant compte de la vente des produits ou des prestations (pour une entreprise de services).
Les charges :
Il s'agit de toutes les dépenses de l'entreprise :
?les achats : matières premières, marchandises...
?les charges externes : il s'agit des charges de gestion et de fonctionnement de l'entreprise (assurances, EDF, frais postaux, honoraires...),
?les charges de personnel : salaires et charges sociales,
?les impôts et taxes : taxe professionnelle, taxe d'apprentissage... Attention, le poste exclut l'impôt sur les bénéfices.
?les charges financières : intérêts sur les emprunts.
Notre conseil :
Pour lister l'ensemble des charges, procurez-vous un plan comptable en librairie. Ce petit fascicule vous aidera à faire la check-list de toutes les dépenses y compris les plus spécifiques.
3- Le plan de trésorerie Il s'agit d'un tableau présentant toutes les entrées (encaissements) et sorties (décaissements) d'argent prévues au cours de la première année, en les ventilant mois par mois. Ce document permet de voir si l'entreprise pourra joindre les deux bouts dès sa phase de démarrage.
À quoi ça sert ?
À mesurer mois par mois le montant d'argent disponible et à vérifier si l'entreprise peut faire face à toutes ses dépenses grâce aux disponibilités du moment.
Comment on le remplit ?
Comme pour le compte de résultat prévisionnel, vous devez répertorier les recettes et les dépenses. Une différence toutefois : il va falloir mensualiser toutes ces données. Pour y parvenir, vous allez reprendre chaque élément des produits et des charges et étudier la date à laquelle il sera soit encaissé, soit décaissé. Vous reporterez ensuite son montant dans le mois correspondant au paiement ou à l'encaissement effectif de l'opération.
Si un mois donné, le solde de trésorerie est négatif, il faut trouver une solution et prévoir des crédits bancaires de fonctionnement supplémentaires, comme par exemple le découvert.
Notre conseil :
Si vous avez recours à un découvert pour faire face à un solde négatif de trésorerie, pensez bien à réintégrer son coût dans le compte de résultat.
4- Le plan de financement à trois ans
Ce tableau recense tous les besoins durables nouveaux et toutes les ressources financières nouvelles qui vont apparaître. C'est une projection sur trois ans de l'évolution des besoins et des ressources.
À quoi ça sert ?
À vérifier la pérennité de l'entreprise et la stabilité de ses ressources.
Comment on le remplit ?
Pour la première année, vous reprendrez les données répertoriées dans le plan de financement initial. Vous y ajouterez les éléments nouveaux survenus au cours de l'exercice, notamment les ressources propres générées par l'activité (on parle alors de capacité d'autofinancement, CAF).
Pour les années 2 et 3, seuls les éléments nouveaux apparus dans les besoins ou les ressources durables doivent être repris (progression du besoin en fonds de roulement, nouveaux apports, nouveaux crédits...).
Notre conseil :
Si le plan de financement laisse apparaître un solde négatif (besoins supérieurs aux ressources), vous devrez songer à augmenter votre capital ou à souscrire de nouveaux crédits.





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