FACE : s’inspirer de la réussite made in US
La réussite à l’américaine, mythe ou réalité ? Rencontre entre entrepreneurs français et américains dans le cadre de la première « French American Conference of Entrepreneurs » (Face), qui s’est déroulée les 27 et 28 juin derniers à Paris, organisée par Advancia.
Par Valérie Talmon, le 03/07/2008
Tous les créateurs et chefs d’entreprise ou presque ont en tête des modèles de réussite à l’américaine. De belles histoire de réussite, mixant self-made-men, Silicon Valley et succès se chiffrant en millions de dollars à faire rêver tous les aspirants à la création d’entreprise.Si FACE avait pour ambition de fédérer une communauté franco-américaine d’entrepreneurs dynamiques et de générer des opportunités d’affaires, elle a aussi été dans un premier temps le cadre d’échanges entre les deux communautés. Qu’est-ce qui fait la réussite à l’américaine ? Quelles sont les principales différences culturelles, économiques entre les deux pays ? Quelles leçons en tirer ? Éléments de réponse.
« Oui, tout est plus facile aux Etats-Unis » ! Alain Azan, président de Sofinnova Ventures Inc, parti développer cette société en 1987 aux USA, ne cache pas son admiration pour ce pays-continent où la liberté d’entreprendre est affichée comme une quasi-religion. « D’un point de vue culturel, financier, l’entrepreneuriat est facilité », renchérit-il.
Microsoft, Google, Mac Donald, Wikipédia… : qu’il s’agisse de création dans le domaine d’Internet, des nouvelles technologies ou de secteurs plus traditionnels, les entreprises américaines ont même su traverser les frontières pour s’imposer comme des modèles.
Pierre Simon, président de la CCIP, partage cet avis : « Les Etats-Unis véhiculent une mystique entrepreneuriale qui doit nous inspirer. »
La première caractéristique de cette mystique semble être la croyance dans la formidable richesse apportée par les créateurs d’entreprise. Pour preuve, la fondation Kauffman. Méconnu en France, Kauffman est un de ces self-made-men qui font rêver : « Il est né dans une ferme, explique Carl Schramm, président de la Kauffman Foundation. Peu à peu, il s’est bâti un empire. À sa mort, il n’a jamais oublié les créations de richesses dues aux entrepreneurs. Il a donc légué toute sa fortune à cette fondation qui a pour vocation de développer l’esprit d’entreprise. Pour nous, l’entrepreneuriat est à la base de tout développement, économique mais aussi humain. Les Etats-Unis n’auraient pas connu cette croissance sans ces hommes et ces femmes à l’esprit d’entreprise fortement ancré en eux. L’entrepreneuriat donne du sens à l’économie, elle la fait passer d’un capitalisme bureaucratique à une économie d’entrepreneurs, plus humaine, plus créative. La plupart des grandes entreprises américaines actuelles n’existaient pas il y a à peine 30 ans. Les liens entre le gouvernement, les start-up, l’université et les grands groupes (investissement, transfert de technologies…) sont le moteur de notre croissance. »
Un des exemples flagrants de cet état d’esprit typiquement américain est porté par un homme peu connu en France mais pourtant porteur de cette réussite made in US : Martin Eberhard, fondateur de Tesla Motors, qui, avec 22 ans de créations d’entreprise derrière lui, trouve encore l’énergie de créer l’un des plus audacieux projets de voitures électriques, projet qui a inspiré tous les grands constructeurs automobiles (voir son témoignage ci-dessous).
On a tous en tête la réussite de Bill Gates, qui a, selon la désormais célèbre légende, créé Microsoft dans son garage. Un mythe ? Il est en tout cas toujours possible aux US de partir de rien, et même parfois de créer presque par accident, comme le prouve Craig Newmark, le créateur de Craiglist : « Je n’ai jamais pensé à créer mon business, lance ce chef d’entreprise à l’allure d’adolescent passionné d’informatique. Je ne pense même pas avoir le caractère d’un bon manager. Mais, en 1994, quand le net a commencé à monter en puissance, je voulais juste créer une communauté de services entre internautes. Depuis, c’est devenu un business rentable. »
Gros succès du web citoyen, Craigslist est un site de petites annonces classées, désormais déclinés en français, allemand, italien et portugais du Brésil. Lancée en 1995 à San Francisco, la « liste de Craig » centralise des communautés en ligne et propose gratuitement, forums et petites annonces de proximité (emplois, services, sorties, etc.) En 1999, une société a été créée. Signe de réussite, le groupe eBay, spécialiste des enchères en ligne, a pris une participation de 25% dans la société en 2004. Aujourd’hui, le site enregistre 30 millions de visiteurs uniques, 9 milliards de pages vues par mois, plaçant la liste dans le top 10 des sites web les plus visités aux Etats-Unis et dans le top 60 mondial. Pas mal pour un « entrepreneur malgré lui » !





