Véritable tremplin vers la commercialisation d'une invention, ce concours créé en 1901 demande une sérieuse préparation.
Par Florence Jarry, le 01/05/2005
Le point commun entre le stylo à bille, la tondeuse à gazon et l'aspirateur ? Ces trois inventions ont toutes été découvertes grâce au concours Lépine. Ce nom désuet que tout le monde connaît fait parfois sourire. Pourtant, être primé peut s'avérer un véritable tremplin pour lancer un nouveau produit.
1. À quoi sert ce genre d'événement ?
Le concours Lépine a été créé en 1901 quand le préfet du même nom décida de remédier aux problèmes économiques que rencontraient les petits fabricants de jouets et d'articles de Paris face à la concurrence étrangère. Il est organisé chaque année par l'Association des inventeurs et fabricants français (AIFF), qui assure la promotion et la diffusion des inventions, et défend les droits des inventeurs. Elle prodigue des conseils en termes de protection, cession de licence, contrat, contrefaçon, etc., sur rendez-vous tous les mardis après-midi de l'année, même pour ceux qui n'ont pas été primés au concours Lépine. L'association met également en ligne, sur son site Internet, les annonces d'inventeurs à la recherche de financement.
Avoir un stand au concours Lépine permet de rencontrer de futurs clients ou des partenaires pour fabriquer ou commercialiser son invention, de donner à celle-ci une existence officielle, et de prendre contact avec d'autres inventeurs.
Mais être primé ne suffit pas car l'inventeur devra multiplier les tests auprès des utilisateurs, passer par une validation technique, une étude de production, une recherche active de fabricants ou de distributeurs, etc. Le concours Lépine n'en reste pas moins un véritable tremplin, puisque 41 % des inventeurs primés (source AIFF) parviennent à trouver un réseau de distribution (et 15 % d'entre eux créent leur entreprise par la suite).
2. Qui peut se présenter ?
Le concours Lépine s'adresse aux inventeurs, innovateurs et créateurs, de tout âge et toute nationalité, qu'ils soient lycéens, étudiants, salariés, industriels et fabricants, organismes ou groupements.
Les seules contraintes posées sont les suivantes : être inventeur ; avoir une invention protégée par un titre de propriété industrielle et/ou intellectuelle ; que cette même invention soit matérialisée par un prototype ou une maquette ; être adhérent au concours Lépine/AIFF (63 euros par an).
Il existe plusieurs concours. Le plus important est le concours Lépine international Paris, salon se tenant chaque année dans le cadre de la Foire de Paris (habituellement en mai). Mieux vaut s'inscrire longtemps à l'avance pour être sûr d'avoir un stand. En Province, il y a les concours Lépine régionaux (Poitiers, Lyon, Monts-en-Touraine, Villepinte, Strasbourg et Charleroi - Belgique). Les stands coûtent de 84 à 235 euros/m
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Quelque 250 prix sont décernés chaque année. Mais, pour espérer séduire le jury, mieux vaut ne pas se précipiter avant de concourir. Exigeant, celui-ci juge la technicité du produit présenté, son caractère innovant, sa présentation, son potentiel commercial, la motivation et le professionnalisme de l'inventeur, ainsi que l'étendue des brevets déposés.
Notre conseil
Il existe des sociétés spécialisées dans l'accompagnement pour les inventeurs. Ces entreprises apportent des compétences particulièrement pointues dans les domaines juridique, technique et marketing (tels Capital Innovation ou Scientific Facilitors).
En savoir plus
- site de l'Association des inventeurs et des fabricants français. Conseils aux adhérents par téléphone. Dates des différentes manifestations sur le site, rubrique "actualité". 12, rue Beccaria, 75012 Paris. Tél. : 01 40 02 04 50. -site de professionnels du conseil pour lancer une invention dans le domaine des "produits du quotidien" (outillage, ustensiles, jouets, sécurité, etc.). Tél. : 01 49 48 00 00. - : s'adresse aux inventeurs. Conseils en marketing de l'innovation dans les domaines technologique et scientifique. Tél. : 0 820 399 345.